Boeing repousse à janvier un éventuel retour dans le ciel du 737 Max

Boeing repousse à janvier un éventuel retour dans le ciel du 737 Max
Des Boeing 737 MAX de la compagnie aérienne Southwest Airlines immobilisés le 28 mars 2019 à l'aéroport de Victorville, en Californie

AFP, publié le lundi 11 novembre 2019 à 20h58

L'avionneur Boeing a repoussé lundi à janvier la date à laquelle il anticipe le retour dans le ciel pour des vols commerciaux de ses 737 MAX, cloués au sol depuis mars après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts, et non en décembre comme prévu jusqu'à présent.

Selon un communiqué, le groupe espère toujours recevoir le feu vert de l'agence américaine de régulation de l'aviation (FAA) pour une utilisation de l'appareil en décembre et espère ainsi pouvoir reprendre la livraison des avions à ses clients avant la fin de l'année. Mais il prévoit que la mise à jour de la formation pour les 737 MAX, qui doit obligatoirement précéder la reprise des vols commerciaux, soit validée en janvier.

Ce nouvel échéancier était bien accueilli par les marchés, l'action Boeing bondissant vers 19H30 GMT de 4,7% à la Bourse de New York. 

Les compagnies aériennes américaines Southwest et American Airlines avaient pourtant annoncé vendredi qu'elles repoussaient au mois de mars la date d'une éventuelle remise en service de leurs propres Boeing 737 MAX. Plus gros client du 737 MAX avec 34 exemplaires dans sa flotte au moment de l'immobilisation au sol, Southwest doit actuellement retirer 175 vols de son programme quotidien, qui comprend jusqu'à 4.000 vols par jour.

Mais les compagnies doivent aussi prendre en compte le délai nécessaire à la formation des pilotes et l'installation du logiciel modifié sur leurs appareils avant de pouvoir les inscrire de nouveau à leur programme de vols.

- Première étape complétée -

Boeing a par ailleurs indiqué lundi avoir finalisé la semaine dernière la première de cinq étapes clés avant la reprise des vols commerciaux, à savoir l'évaluation sur simulateur par la FAA du fonctionnement de la version modifiée de son système de logiciels. L'avionneur a notamment changé le système anti-décrochage MCAS mis en cause dans les accidents du 737 MAX.

Le constructeur doit désormais conduire une session avec des pilotes de ligne pour évaluer les facteurs humains et la charge de travail de l'équipage dans diverses conditions avant que des pilotes de la FAA ne testent en vol la version finalisée du système modifié.

Boeing soumettra ensuite à l'agence de régulation tout le matériel nécessaire à la certification finale.

La dernière étape avant la reprise des vols commerciaux sera, selon Boeing, une évaluation par un comité composé de plusieurs agences de régulation pour valider la mise à jour de la formation. Après cette session, le comité "publiera un rapport soumis à une période de consultation publique, suivi de l'approbation finale de la formation", précise le constructeur.

La crise du 737 MAX est une des plus graves dans les 103 ans d'histoire de Boeing. Elle lui a déjà coûté une dizaine de milliards de dollars, déclenché de multiples enquêtes des autorités américaines et une cascade de plaintes des familles de victimes.

Plombé par une chute de 67% des livraisons d'avions commerciaux au troisième trimestre, le chiffre d'affaires du groupe a par exemple plongé de 20,5% à 19,98 milliards de dollars et ses bénéfices ont été divisés par deux, à 1,17 milliard de dollars.

Lors de la publication de ces résultats fin octobre, le directeur général Dennis Muilenburg avait admis que si la date anticipée de reprise du service était repoussée, "il nous faudrait considérer de réduire davantage la production et d'autres options comme l'arrêt temporaire de la production du MAX". 

Pour autant, si Boeing mise désormais sur une reprise des vols commerciaux début 2020, l'incertitude plane toujours. 

L'Agence européenne de sécurité aérienne avait estimé début novembre ne pas s'attendre à une reprise des vols du Boeing 737 MAX en Europe avant le premier trimestre 2020, le temps qu'elle conduise ses propres vols d'essai, qu'elle évalue les besoins en entraînement des pilotes et qu'elle se coordonne avec les Etats membres de l'Union européenne.

Quant à l'agence fédérale de l'aviation (FAA), critiquée de toutes parts pour avoir confié la certification de systèmes importants de l'avion à Boeing, elle a promis une inspection approfondie.

La formation des pilotes reste un point de contentieux: l'Europe et le Canada exigent une formation sur simulateurs de vol alors que les Américains se contenteraient d'une mise à niveau sur simple ordinateur, beaucoup plus rapide.

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