Bois tropicaux: Rougier en procédure de sauvegarde

Bois tropicaux: Rougier en procédure de sauvegarde
Forêt au Gabon le 14 janvier 2017. Rougier possède six usines de sciage en Afrique: trois au Gabon, deux au Cameroun, et une depuis peu en République centrafricaine

AFP, publié le lundi 12 mars 2018 à 17h04

La holding du négociant français en bois tropicaux, Rougier SA, a été placée lundi en procédure de sauvegarde, tandis que sa branche Afrique International, qui emploie en Afrique l'essentiel des 3.000 salariés du groupe, a été placée en redressement judiciaire, conformément à ses demandes.

Le tribunal de commerce de Poitiers a fixé au 18 mai une audience sur le maintien d'une période d'observation pour Rougier Afrique International (RAI), en cessation de paiement, sur la base d'un rapport des administrateurs judiciaires établissant si le groupe dispose des capacités financières permettant sa poursuite d'activité. 

A la même audience de mai, le tribunal examinera le sort de Rougier SA, en vue de statuer sur le renouvellement de la période d'observation, l'arrêt du plan, le prononcé du redressement ou la liquidation, sur la base de la liste des créanciers, dettes, contrats recueillis d'ici là par mandataire et administrateur judiciaire.

D'ici là, les dirigeants de Rougier SA devront déposer 15 jours avant l'audience un projet de plan s'il existe une possibilité sérieuse d'être sauvegardée.

Le tribunal a fixé dans un premier temps au 12 mars 2019 la fin de la période d'observation, pour la procédure de sauvegarde, comme pour le redressement judiciaire.

A l'issue de l'audience du 9 mars, le directeur-général du groupe et petit-fils du fondateur, Francis Rougier, s'était montré prudemment optimiste, affirmant que le groupe allait "perdurer", mais en réduisant "son ampleur". Il avait, devant le tribunal de commerce, demandé une procédure de sauvegarde pour Rougier et un redressement judiciaire pour RAI.

Le groupe Rougier, après le dépôt de bilan de sa branche Afrique International début mars, avait expliqué "faire face à des difficultés persistantes au Cameroun", évoquant "l'engorgement chronique" du port de Douala  --en raison de son ensablement--, qui a "profondément perturbé les activités des filiales camerounaise, congolaise et centrafricaine".

"Cette situation a provoqué des tensions de trésorerie persistantes, accentuées par le retard des remboursements des crédits de TVA des filiales opérationnelles africaines".

Le négociant emploie 3.000 personnes dans le monde dont 2.900 en Afrique et contrôle sept usines sur le continent: trois usines de sciage au Gabon (à Mevang, Ivindo, et Mbouma), deux au Cameroun, (à Djoum et Mbang) et une depuis peu en République centrafricaine (à Moualé), ainsi qu'une usine de déroulage de contreplaqué au Gabon. Il exploite au total 2,3 millions d'hectares de forêts.

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