Boycott des produits français : le Medef appelle les entreprises à "résister au chantage"

Boycott des produits français : le Medef appelle les entreprises à "résister au chantage"
La Rencontre des Entrepreneurs de France, LaREF à Paris. Geoffroy Roux de Bezieux.

Boursier.com, publié le lundi 26 octobre 2020 à 10h56

"C'est une mauvaise nouvelle pour les entreprises implantées là-bas, notamment dans les cosmétiques, le luxe et l'agro-alimentaire", mais "il n'est pas question de céder au chantage", a estimé Geoffroy Roux de Bézieux.

A l'instar de l'Etat français, le Medef tape du poing sur la table... Dans un contexte de tensions diplomatiques avec la Turquie et d'appels au boycott de produits français lancés par plusieurs pays du Moyen Orient après de récents propos du président Emmanuel Macron sur l'islam, la France a appelé les gouvernements des pays concernés à faire "cesser immédiatement" ces appels.

Interrogé sur 'RMC' ce lundi, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a également estimé que les entreprises françaises ne devaient pas céder aux pressions exercées par le boycott des produits français dans plusieurs pays comme en Turquie, au Koweït ou encore au Qatar, qui dénoncent la publication des caricatures du Prophète. Ces appels au boycott se sont multipliés sur les réseaux sociaux à travers les hashtags en arabe.

"C'est une mauvaise nouvelle pour les entreprises implantées là-bas, notamment dans les cosmétiques, le luxe et l'agro-alimentaire", a ainsi expliqué le président de l'organisation patronale, avant d'ajouter : "Mais il n'est pas question de céder au chantage".

"Faire passer les principes avant la possibilité de développer nos affaires"

"Il y a un moment où l'on doit faire passer les principes avant la possibilité de développer nos affaires. On est évidemment totalement solidaire du gouvernement français et j'appelle les entreprises à résister à ce chantage et malheureusement à subir ce boycott, pour l'instant localisé", a insisté Geoffroy Roux de Bézieux, appelant dans le même temps "à ne pas répondre à la bêtise par la bêtise".

"On n'est pas dans la même ampleur de ce qui se passe dans le pays, mais les principes n'ont pas de prix", a également estimé le président du Medef. Selon le ministre du commerce extérieur Franck Riester, les "impacts" du boycott restent encore "impossibles à chiffrer pour le moment".

"Nous ne céderons pas, jamais"

Dimanche, Emmanuel Macron a de son côté appelé à l'unité face aux tensions avec le Moyen-Orient. "Nous sommes unis", a écrit le président français sur son compte Twitter. "Nous ne céderons pas, jamais", a également affirmé le chef de l'Etat dans deux messages distincts, en anglais et en arabe. La France "respecte toutes les différences dans un esprit de paix" et "n'accepte pas les discours de haine", a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a également dénoncé ces appels au boycott, "ainsi que plus généralement des appels à manifester contre la France, dans des termes parfois haineux, relayés sur les réseaux sociaux". "Ces appels dénaturent les positions défendues par la France en faveur de la liberté de conscience, de la liberté d'expression, de la liberté de religion et du refus de tout appel à la haine", ajoute le ministère.

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