Brésil: Odebrecht sort de prison en plein scandale de corruption

Chargement en cours
 Marcelo Odebrecht, ex PDG du groupe du même nom, embarque mardi 19 décembre 2017 dans un avion privé avec ses avocats après sa sortie de prison pour finir sa peine en résidence surveillé à son domicile

Marcelo Odebrecht, ex PDG du groupe du même nom, embarque mardi 19 décembre 2017 dans un avion privé avec ses avocats après sa sortie de prison pour finir sa peine en résidence surveillé à son domicile

1/3
© AFP, Heuler Andrey
A lire aussi

AFP, publié le mardi 19 décembre 2017 à 17h45

Symbole d'un méga-scandale de corruption qui ébranle l'Amérique latine, le magnat brésilien Marcelo Odebrecht est sorti de prison mardi, au moment où de nouvelles révélations secouent l'empire familial dont il était le PDG.

Équipé d'un bracelet électronique, il a quitté Curitiba (sud) à la mi-journée en avion pour rejoindre Sao Paulo (sud-est), où il purgera le reste de sa peine de dix ans de prison assigné à résidence, a constaté un photographe de l'AFP.

Après être resté confiné pendant deux ans et demi dans une cellule de 12 m2, il va retrouver le confort de son domicile, une villa de 3.000 m2 avec piscine, selon les médias brésiliens.

Petit-fils du fondateur de l'entreprise du même nom, Marcelo Odebrecht, 49 ans, devra dans un premier temps rester dans sa cage dorée 24 heures sur 24, avant d'être autorisé à en sortir par moments courant 2020.

Un confort qui a un prix: pour obtenir un allégement considérable de sa peine (il avait été initialement condamné à 19 ans et 4 mois de prison pour corruption et blanchiment d'argent), Odebrecht a accepté de passer aux aveux, révélant un réseau de corruption d'une ampleur inimaginable.

Un grand déballage mal vécu par une partie de sa famille, divisée en deux clans, les fidèles de Marcelo et ceux, plus nombreux, rangés du côté de son père Emilio.  

"Il nous a dit que le grand objectif de cette nouvelle phase de sa vie était de revenir au sein de sa famille et continuer à collaborer" avec la justice, a déclaré un de ses avocats à la presse.

- Scandale international -

À son apogée, Odebrecht était le symbole d'un Brésil conquérant, avec des réalisations dans le monde entier, comme l'aéroport Simon Bolivar à Caracas ou l'autoroute Grand Parkway au Texas.

Au Brésil, le groupe s'est adjugé des chantiers emblématiques comme la rénovation du stade mythique Maracana à Rio.

Tout a basculé en juin 2015, quand Marcelo Odebrecht a été arrêté dans le cadre de l'opération "Lavage-express", une enquête tentaculaire qui a révélé un réseau de versement de dessous de table pour le gain de marchés publics.

Des dizaines d'hommes politiques ont été éclaboussés par le scandale, y compris le président, Michel Temer, et l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), menacé d'inéligibilité à la présidentielle de 2018 pour avoir reçu un triplex en échange de services rendus à un autre groupe de BTP.

Les révélations d'Odebrecht ont aussi ébranlé jusqu'au sommet du pouvoir dans d'autres pays d'Amérique Latine, notamment au Pérou et en Equateur.

Pedro Pablo Kuczynski risque même de devenir prochainement le premier président destitué de l'histoire du Pérou, Odebrecht ayant reconnu avoir versé près de 5 millions de dollars à des entreprises de conseil directement liées au chef de l'État, alors ministre entre 2004 et 2013.

En Equateur, le vice-président Jorge Glas a été placé en détention provisoire en octobre et condamné la semaine dernière à six ans de prison pour avoir perçu 13,5 millions de dollars en pots-de-vin d'Odebrecht.

- Nouvelles révélations -

L'ex-PDG a obtenu une réduction de peine assortie de la possibilité d'en purger une partie à domicile grâce à un accord de collaboration avec la justice.

L'entreprise a aussi dû s'acquitter d'une amende astronomique de 2,6 milliards de dollars aux gouvernements du Brésil, de Suisse et des États-Unis. 

Grâce aux révélations de 77 anciens cadres de l'entreprise, les enquêteurs ont découvert qu'Odebrecht disposait même d'un service créé spécialement pour soudoyer des dirigeants.

Deux ans et demi après l'incarcération de Marcelo Odebrecht, ces révélations continuent de secouer tant le groupe que le Brésil.

Mardi, l'autorité de la concurrence dans le pays, le Cade, a annoncé que des documents fournis par le groupe prouvaient la formation d'un cartel avec d'autres entreprises de BTP pour se partager les marchés de construction de routes dans l'Etat de Sao Paulo de 2008 à 2015.

Lundi, un autre groupe de BTP, Camargo Corrêa, avait reconnu des pratiques similaires, impliquant également Odebrecht, pour truquer les appels d'offres de la construction de lignes de métro dans huit États du Brésil.  

En plus de révéler les arcanes du scandale de corruption, Odebrecht s'est lancé dans une grande restructuration. Emilio, père de Marcelo, vient d'annoncer qu'il quitterait la présidence du conseil d'administration en avril et de nouvelles règles interdisent que le PDG soit un membre de la famille.

 
5 commentaires - Brésil: Odebrecht sort de prison en plein scandale de corruption
  • avatar
    JON-DE-LIONNE -

    de la censure, encore de la censure, toujours de la censure sur le Forum Orange.
    Et bien puisque sur la rubrique Finance, un bug est là ...... moi aussi
    référence à l'article : Charlie Hebdo soutient Tex, évincé après une blague sur les femmes battues
    Statut : refusé Il y a 16 minutes le 19 12 2017 à 17 42


    il suffit d'observer et de subir le comportement de ce forum pour se rendre immédiatement compte de la censure qui opère;

    il faut brûler la moitié des livres, supprimer de nombreux films, ne pas hésiter à arracher des pages du dictionnaire, tout doit être lisse et dans le sens... non mais !

  • avatar
    laulauponpon -

    Ou comment l'actuel président du Brésil Michel Temer (corrompu comme l'ancienne présidente Dilma Roussef dans le scandale cité dans l'article ) s'assure le silence des témoins ...

  • avatar
    laulauponpon -

    Ou comment l'actuel président du Brésil Michel Temer (corrompu comme l'ancienne présidente Dilma Roussef dans le scandale cité dans l'article ) s'assure le silence des témoins ...

  • avatar
    JON-DE-LIONNE -

    de la censure, encore de la censure, toujours de la censure sur le Forum Orange.
    Et bien puisque sur la rubrique Finance, un bug est là ...... moi aussi
    référence à l'article : Projet de loi sur la fin de l'exploitation des hydrocarbures : "Un symbole important", estime la Fondation pour la nature et l'homme
    Statut : refusé Il y a une heure le 19 12 2017 à 11 37


    Projet de loi désiré pas qui ? une toute petite minorité ?
    9a concerne tous les Français et c'est une minuscule corporation d'idéologue qui veut contraindre les Français; Encore des minoritaires qui pensent détenir la vérité absolue ?


    En fait ceux qui se réclament de la démocratie verraient bien le monde dirigé par L'ONU, l' OMC, une grosse poignée d'ONG, de fondations "bien sous tous rapports" et une kyrielle d'associations.

    Ca évite tout de même de devoir se confronter aux votes des électeurs, de dire qui fait quoi, combien ça coûte... et en plus si vous faites comme hollande vous partez en vous servant dans la caisse pour payer la création de la fondation, ou encore comme Bill Gates qui vient donner des leçons de morale aux capitalistes après avoir bâti sa fortune à partir du capitalisme -pire qu'un ancien fumeur celui ci- ou comme l'ONU qui se fait financer par lesétats pour donner la leçon aux états, ou pas des associations qui sont financées elles aussi par les états et qui expliquent aux états et donc aux contribuables pourquoi ils doivent encore payer plus.

    Ca permet juste de diriger le monde par des minorités ! Un gouvernement mondial virtuel qui se dessine en dehors des peuples ?

    Elle est pa sbelle cette démocratie là ?

  • avatar
    chavanoz -

    comment arrêter la corruption ceux qui ont de l'argent en veulent toujours plus et payés le moins possible

    avatar
    lili56 -

    en changeant le monde!!!!

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]