Brexit : dîner de la dernière chance ce soir entre "BoJo" et von der Leyen

Brexit : dîner de la dernière chance ce soir entre "BoJo" et von der Leyen©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 09 décembre 2020 à 07h55

A l'approche de la date butoir du 31 décembre, le risque d'un "no deal" est au plus haut... Boris Johnson est attendu mercredi à Bruxelles pour une dernière rencontre avec Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne.

A trois semaines de la sortie définitive du Royaume-Uni de l'Union européenne, aucun accord n'est en vue entre Londres et Bruxelles... Au point que le négociateur en chef européen, Michel Barnier, a informé mardi les ministres des Affaires européennes de l'UE qu'un "no deal" lui semblait à présent plus probable qu'un accord commercial avant le 31 décembre, selon des sources citées par l'agence 'Reuters'.

Du côté britannique, le gouvernement veut encore croire en un accord de dernière minute... Un porte-parole du 10 Downing Street a annoncé mardi que le Premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se verront mercredi soir à Bruxelles pour tenter de débloquer les négociations.

Trois points majeurs de dissension

"Le Premier ministre se rendra mercredi à Bruxelles pour dîner avec VDL et poursuivre les discussions sur les relations futures entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", a indiqué le porte-parole. Les deux dirigeants se sont déjà parlés plusieurs fois au téléphone ces derniers jours, sans parvenir à s'entendre...

Malgré des mois de négociations houleuses, qui se sont intensifiées depuis une semaine, les conditions d'un accord entre Londres et l'UE ne sont toujours pas réunies, les deux parties continuant de buter sur trois points majeurs: la pêche, les règles d'une concurrence équitable et les mécanismes de résolution des litiges.

Mardi matin, Michel Barnier, qui a négocié depuis des mois avec les Britanniques les contours d'un accord post-Brexit, a donc tiré la sonnette d'alarme, estimant que les membres de l'UE devaient se préparer à mettre à jour leurs plans d'urgence pour faire face à la perspective d'un divorce sec, et au retour des droits de douane sur les échanges de marchandises entre le Royaume-Uni et le continent...

Londres fait un petit geste en retirant des clauses controversées

Un petit signe d'ouverture est tout de même intervenu mardi du côté britannique, Londres annonçant le retrait des clauses d'un projet de loi sur le marché intérieur contraires aux dispositions de l'accord de retrait de l'Union européenne conclu en janvier.

Le ministre d'Etat britannique Michael Gove a ainsi annoncé un "accord de principe sur toutes les questions, en particulier en ce qui concerne le protocole sur l'Irlande et l'Irlande du nord".

Les articles controversés (44, 45 et 47) du projet de loi sur le marché intérieur vont donc être retirés et aucune autre disposition similaire ne figurera dans le projet de loi sur la fiscalité, a indiqué Londres. Ces clauses auraient enfreint le droit international et avaient contribué à tendre les négociations actuelles en vue d'un accord régissant les futures relations commerciales entre le Royaume-Uni et l'UE...

Sommet européen prévu jeudi et vendredi à Bruxelles

Rappelons que le Royaume-Uni a officiellement quitté l'UE le 31 janvier dernier, mais l'effet du divorce ne se fera pleinement sentir que le 1er janvier 2021, à l'issue de la période de transition pendant laquelle il continue d'appliquer les normes européennes. Pendant cette période, Londres et Bruxelles doivent conclure un traité commercial mais à seulement 23 jours de la fin de l'année, les discussions patinent.

Le temps presse pour conclure un accord dans les prochains jours, pour qu'il puisse être ratifié à temps par les Parlements britannique et européen, avant le 31 décembre 2020. Le sommet européen de jeudi et vendredi dans la capitale belge est ainsi largement considéré comme la date butoir pour un accord...

Faute de quoi, au 1er janvier, le Royaume-Uni quittera l'Union européen sans accord commercial, un "hard Brexit" aux conséquences graves pour les échanges commerciaux déjà plombés par la crise du coronavirus...

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