Brexit : "l'heure de vérité" c'est pour ce soir !

Brexit : "l'heure de vérité" c'est pour ce soir !
Londres Big ben Royaume-Uni Grande-Bretagne

Boursier.com, publié le mardi 15 janvier 2019 à 16h55

C'est ce mardi que le parlement britannique doit se prononcer sur l'accord de divorce entre le Royaume-Uni et l'UE...

Prévu initialement pour le 11 décembre, mais reporté faute de majorité, le vote du parlement britannique sur le projet d'accord sur le Brexit se déroulera ce mardi soir à Londres, à partir de 20h00 heure de Paris.

Selon les dernières indications, le projet risque fort d'être rejeté, augmentant le risque d'un "Brexit dur" ou d'un report, voire d'un abandon du Brexit. Theresa May aura trois jours pour présenter un "Plan B" en cas de vote négatif...

Lundi, devant la chambre des communes, le Première ministre britannique a une nouvelle fois exhorté les députés britanniques à réfléchir à deux fois avant de voter... "Quoi que vous ayez déjà conclu, je vous demande, au cours des prochaines vingt-quatre heures, de vous pencher une seconde fois sur cet accord", a-t-elle plaidé.

L'histoire jugera : "avons-nous laissé tomber le peuple britannique ?"

La Première ministre britannique a estimé que la date effective du Brexit, prévu le 29 mars prochain, ne devrait pas être reportée, sans toutefois l'exclure complètement. "Cela reste l'engagement de mon gouvernement de quitter l'Union européenne le 29 mars, certains ont l'intention de trouver un moyen de l'empêcher".

Mme May a concédé que le texte, élaboré en novembre dernier après 17 mois de négociations, n'était "pas parfait", mais qu'il était le fruit d'un "compromis" avec l'Union européenne, qu'elle a jugé digne d'être approuvé. "Dans les futurs livres d'histoire, les gens regarderont la décision de la Chambre de demain et se demanderont : 'Avons-nous tenu notre promesse en ce qui concerne le vote du pays de quitter l'Union européenne ? Avons-nous protégé notre économie, notre sécurité et notre Union ? Ou avons-nous laissé tomber le peuple britannique ?'", qui s'est prononcé pour le Brexit lors du référendum de juin 2016.

La "clause de sauvegarde" sur l'Irlande inquiète les "Brexiters"

Pour l'instant, le texte est critiqué par de nombreux députés : les partisans du Brexit le jugent trop timoré et craignent une forme d'arrimage permanent à l'UE, tandis que les opposants au Brexit espèrent encore pouvoir revenir en arrière...

Pour convaincre les "Brexiters", Theresa May a assuré avoir obtenu de Bruxelles des nouvelles assurances écrites pour que la clause dite de "sauvegarde" ("backstop"), si elle était activée, ne serait que "temporaire" et durerait "le moins longtemps possible".

Les Brexiters craignent que cette clause, qui évite le retour à une frontière physique entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord ne porte atteinte à l'unité du Royaume-Uni en le séparant de l'Irlande du Nord.

Vers un abandon du Brexit ou un "Brexit dur" ?

En cas de rejet du texte, Theresa May sera tenue de présenter un "Plan B" sous trois jours parlement ouvrés, soit le 21 janvier au plus tard.

Lundi, la Première ministre a assuré ne pas avoir l'intention de demander un report du Brexit, pas plus que de démissionner en cas de rejet de l'accord. Pour elle, un refus du projet entraînerait le plus probablement "une paralysie du Parlement qui conduirait à un abandon du Brexit", a-t-elle mis en garde...

L'autre hypothèse, moins probable selon elle, serait celle d'un "no deal", ou "Brexit dur", une sortie de l'UE sans accord, qui entraînerait "d'importantes perturbations à court terme", ainsi qu'à plus long terme sur l'économie britannique, selon de nombreux économistes...

Vos réactions doivent respecter nos CGU.