Brexit: l'optimisme retombé, Johnson et Tusk ferraillent sur l'Irlande

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Le Premier ministre britannique Boris Johnson descend de l'avion qui l'a amené à l'aéroport de Biarritz pour le sommet du G7, le 24 août 2019 dans le sud-ouest de la France
Le Premier ministre britannique Boris Johnson descend de l'avion qui l'a amené à l'aéroport de Biarritz pour le sommet du G7, le 24 août 2019 dans le sud-ouest de la France
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© AFP, Bertrand GUAY

AFP, publié le samedi 24 août 2019 à 17h13

Si une brise d'optimisme avait soufflé ces derniers jours sur le Brexit, laissant espérer un accord entre l'UE et le Royaume-Uni avant le 31 octobre, elle est retombée samedi au sommet du G7 où Boris Johnson et Donald Tusk ont croisé le fer sur la question irlandaise.

"Je ne veux pas qu'il n'y ait pas d'accord. Je dis à nos amis dans l'UE que s'ils ne veulent pas un Brexit sans accord, alors il faut que nous laissions tomber le backstop (filet de sécurité, ndlr) du traité", a dit le Premier ministre à la presse dans l'avion juste avant d'atterrir en France pour le sommet du G7.

Et si "Donald Tusk (le président du Conseil européen, ndlr) ne veut pas rester comme Mr No Deal Brexit, il devrait garder cela à l'esprit", a lancé l'impétueux Premier ministre britannique.

Il ripostait à M. Tusk qui avait déclaré quelques instants plus tôt, également à Biarritz, espérer que "le Premier ministre Johnson ne voudrait pas entrer dans l'Histoire comme Mr No Deal" et que lui-même n'allait pas "coopérer" pour un "no deal".

Cet échange acide entre les deux hommes, qui doivent se voir en tête à tête à Biarritz, fait retomber comme un soufflé l'optimisme qui avait vu le jour cette semaine après des déclarations en apparence conciliantes de dirigeants européens.

Il rappelle, que sur le fond, l'Union européenne et Londres n'ont pas avancé d'un iota pour démêler le noeud gordien de la frontière irlandaise, alors qu'approche à grands pas la date fatidique du 31 octobre à laquelle le Royaume-Uni sortira de l'UE plus de trois ans après le référendum du Brexit du 23 juin 2016.

Le dispositif prévu dans le traité du Brexit pour la frontière irlandaise, entre la partie de l'île qui fait partie du Royaume-Uni et la République d'Irlande qui est membre de l'UE, constitue l'un des principaux points de désaccord entre Londres et Bruxelles.


Il prévoit que, faute de meilleure solution à l'issue d'une période transitoire, et pour éviter le retour d'une frontière entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, le Royaume-Uni tout entier reste dans un "territoire douanier unique" avec l'UE.

Boris Johnson estime que ce dispositif porte atteinte à la "souveraineté de l'Etat britannique" et l'empêcherait de mener une politique commerciale affranchie des règles de l'UE, notamment vis-à-vis des Etats-Unis de Donald Trump desquels Boris Johnson tente de se rapprocher.

- Idées réalistes et acceptables? -

Depuis près de deux ans, les négociateurs essayent en vain de tomber d'accord. A quelques semaines de la date butoir, Boris Johnson, récent Premier ministre, est venu à Berlin et Paris pour tenter d'obtenir des avancées, arrachant quelques déclarations arrangeantes.

Angela Merkel avait jugé possible un accord, Emmanuel Macron aussi, et M. Johnson s'était dit "encouragé". La livre sterling avait été tirée vers le haut. Mais ces déclarations n'ont pas résisté longtemps.

Jeudi, aux côtés de M. Johnson, Emmanuel Macron s'était montré ferme sur la question irlandaise, estimant que le traité négocié apporte des "garanties indispensables à la préservation de la stabilité en Irlande et à l'intégrité du marché unique", deux lignes jaunes infranchissables pour lui.

"L'UE a toujours été prête à la coopération", a réaffirmé samedi M. Tusk, rappelant que M. Johnson est le troisième Premier ministre britannique avec qui il négocie sur le Brexit, après David Cameron et Theresa May.

Et alors que M. Johnson avait évoqué à Paris des "solutions techniques aisément disponibles" à la question irlandaise, M. Tusk a déclaré: "nous sommes prêts à écouter des idées qui sont opérationnelles, réalistes et acceptables par tous les pays membres, y compris l'Irlande, si jamais le gouvernement britannique veut les mettre sur la table".

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