Brexit : la décision de l'UE sur un report repoussée

Brexit : la décision de l'UE sur un report repoussée©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 23 octobre 2019 à 20h45

Rendez-vous vendredi ?

Les ambassadeurs des Vingt-Sept réunis à Bruxelles ne prendront pas de décision ce mercredi sur un nouveau report du Brexit, recommandé par le président du Conseil européen Donald Tusk, selon l'agence Reuters qui cite trois sources diplomatiques européennes.

Les ambassadeurs devraient se réunir à nouveau vendredi pour en débattre. L'hypothèse d'un report de trois mois, à fin janvier 2020, est la plus probable, ajoutent ces sources. Les ambassadeurs souhaitent parvenir à une décision unanime par "procédure écrite" pour éviter la tenue d'un sommet extraordinaire.

Plus tôt dans la journée, Berlin a fait savoir qu'elle ne s'opposerait à aucune proposition de l'Union européenne concernant un nouveau délai sur ce divorce. De son côté, la France ne souhaite pas voir la situation s'éterniser. "Une extension est demandée : pour quoi faire ? Avec quelles justifications ? Nous savons que le temps seul n'apportera pas la solution, mais une décision politique. Nous ne pouvons pas étendre à l'infini cette situation", a déclaré Amélie de Montchalin, la secrétaire d'état aux Affaires européennes, qui est en charge du dossier du Brexit, devant l'Assemblée nationale. Paris a néanmoins donné son accord pour un court report "technique" de "quelques jours" du Brexit.

Vote en demi-teinte

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a remporté une victoire de taille mardi soir à Londres. Les Communes ont approuvé, par 329 voix contre 299, l'accord négocié avec Bruxelles la semaine dernière. C'est la première fois que les députés donnent leur feu vert dans ce dossier qui dure depuis trois ans. L'objectif est de transposer le texte validé avec les 27 dans la législation britannique (Withdrawal Agreement Bill).

Mais ce succès a été vite terni par un second vote, négatif cette fois pour Boris Johnson. La Chambre des Communes a rejeté (par 322 voix contre 288) le calendrier très serré qui leur était proposé pour en débattre - trois jours seulement pour éplucher un document de 110 pages - dans l'espoir de tenir la promesse de sortie de l'UE "coûte que coûte" le 31 octobre.

Promesse intenable ?

L'hypothèse d'un divorce avant Halloween semble donc désormais quasi-impossible. Dans le passé, l'examen parlementaire des projets de loi transposant les grands traités européens a nécessité 10 à 40 jours de débat, selon l'Institute of Government, un groupe de réflexion et de recherche, indique l'agence de presse Reuters.

Mais le locataire du 10 Downing Street à Londres ne lâche rien sur ses positions. "Nous devons quitter l'Union européenne le 31 octobre. C'est ce que je dirai aux Vingt-Sept", a néanmoins affirmé Boris Johnson. "D'une façon ou d'une autre, nous quitterons l'UE avec cet accord", a-t-il insisté, après avoir annoncé la suspension de l'examen du projet de loi et l'accélération des préparatifs en vue d'une sortie sans accord ("no deal").

Comme la loi l'y oblige, Boris Johnson a néanmoins, après le refus des Communes de se prononcer sur l'Accord, samedi, adressé une lettre à l'UE pour demander un nouveau report du Brexit jusqu'au 31 janvier 2020.

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