Brexit : le bras de fer commence déjà...

Brexit : le bras de fer commence déjà...©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 03 février 2020 à 16h57

Michel Barnier refuse "tout dumping social et environnemental" des britanniques.

Alors que le Royaume-Uni a quitté l'Union européenne vendredi soir, trois ans et demi après le référendum qui a dit "non" à Bruxelles, l'Union européenne a fait savoir ce lundi qu'elle était prête à nouer un accord commercial avec le Royaume-Uni sans droits de douane et sans quotas, à condition que Londres s'engage à établir une concurrence loyale avec le marché unique...

Côté britannique, le son de cloche est très différent, avec la tentation de créer un "Singapour fiscal" aux portes même de l'Europe, de quoi rendre les discussions qui s'ouvriront début mars particulièrement tendues. Européens comme Britanniques assurent pourtant vouloir trouver un compromis d'ici la fin de l'année.

Peu de marge de manoeuvre

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a présenté ce lundi sa vision des choses : "Il n'est pas nécessaire qu'un accord de libre-échange implique d'accepter les règles de l'UE en matière de concurrence, de subventions, de protection sociale, d'environnement ou quoi que ce soit de similaire, pas plus que l'UE ne devrait être obligée d'accepter les règles du Royaume-Uni", a-t-il déclaré...

L'alternative est la suivante : soit le Royaume-Uni obtient un accord sur le modèle de celui conclu entre l'UE et le Canada, soit il cherchera un arrangement plus souple, du type de celui qui régit les relations entre l'UE et l'Australie. Actuellement, la plupart des échanges avec Canberra sont soumis aux règles de l'Organisation mondiale du commerce, avec des accords spécifiques pour certains types de marchandises. L'Australie est toutefois en train de négocier un accord commercial avec Bruxelles.

En attendant, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a prévenu que la France s'opposerait à la naissance d'un "Singapour-sur-Tamise" à sa porte... Michel Barnier, qui a dévoilé le mandat confié par les 27, a lui aussi insisté sur le refus de tout dumping social et environnemental. Selon le négociateur européen, il faut ainsi se préparer à l'idée d'une absence d'accord à la fin de l'année... "Avant tout, nous défendrons les intérêts de l'Union, de ses citoyens et de ses entreprises", a-t-il déclaré...

Une nouvelle page s'ouvre donc, peut-être la plus difficile à écrire, avec cette période de transition pendant laquelle il faudra négocier la future relation entre Londres et l'Union européenne. Le calendrier du Brexit reste plus que jamais très serré puisqu'il prévoit qu'un accord encadrant les futures relations entre le deux blocs soit conclu avant la fin 2020, c'est-à-dire 11 mois seulement après le divorce effectif, compte tenu du retard pris lors de la première phase du processus...

Faute d'accord, c'est le spectre du "hard Brexit" qui reviendrait hanter les marchés, avec son lot de droits de douane et de lourdeurs administratives.

De nombreux experts tablent donc d'ores et déjà sur un report de cette date de la fin 2020, étant donné la complexité des sujets à traiter, qui nécessite des discussions secteur par secteur. Londres dispose de la possibilité de demander une prolongation d'un an, voire de deux ans, mais cette demande doit impérativement être faire avant le 1er juillet prochain...

Boris Johnson exclut toute prolongation

Catégorique, le Premier ministre britannique Boris Johnson a exclu toute prolongation des discussions au-delà de la fin 2020... Le 9 janvier dernier, Michel Barnier se montrait quant à lui très sceptique : "nous ne pouvons tout simplement pas nous mettre d'accord sur chaque point de ce nouveau partenariat en moins d'un an", a-t-il déclaré lors d'un discours à Stockholm. "Nous sommes prêts à faire de notre mieux et le maximum en onze mois pour parvenir à un accord sur les grands principes avec le Royaume-Uni mais nous aurons besoin de plus de temps pour nous entendre sur chaque point de cette déclaration politique", avait-il ajouté...

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a elle aussi jugé "impossible" de parvenir à un accord d'ici au 31 décembre...

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