Brexit : Londres met de l'eau dans son vin !

Brexit : Londres met de l'eau dans son vin !©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 20 octobre 2020 à 08h47

Malgré l'échec des négociations en fin de semaine dernière, Londres et Bruxelles se sont dit d'accord lundi pour intensifier les discussions en vue de parvenir à un accord commercial permettant d'éviter une sortie brutale du Royaume-Uni de l'UE.

Volte-face !... Alors qu'en fin de semaine dernière, Londres avait indiqué que les discussions s'étaient terminées sans accord avec Bruxelles, la Grande-Bretagne et l'Union européenne sont convenues lundi d'intensifier leurs négociations...

Michel Barnier, le principal négociateur de l'UE sur le Brexit, et son homologue britannique, David Frost, se sont ainsi entretenus une nouvelle fois hier, et ont accepté de travailler sur des textes juridiques - une demande de Londres - afin de relancer les pourparlers.

Pendant le week-end, les deux camps s'étaient mutuellement rejeté la responsabilité d'un éventuel échec des négociations, à l'approche de la sortie effective du Royaume-Uni de l'UE, le 1er janvier prochain...

Démarche constructive pour éviter un "saut dans le vide"

Le scénario d'un "saut dans le vide", sans accord commercial, est redouté par les milieux économiques qui prévoient de graves conséquences pour l'économie britannique et dans une moindre mesure pour ses partenaires commerciaux européens.

Dans une déclaration au Parlement, le ministre d'Etat britannique, Michael Gove, s'est félicité lundi du retour d'un espoir d'accord. "Mon collègue David Frost a discuté avec Michel Barnier et je crois qu'il a accepté à la fois l'intensification des discussions mais aussi de travailler sur des textes juridiques", a-t-il dit.

"Il y a eu une démarche constructive de la part de l'Union européenne et (...) je préfère regarder vers l'avenir avec optimisme plutôt que nécessairement regarder en arrière avec colère", a ajouté le ministre britannique.

Les négociations entre Londres et Bruxelles butent essentiellement sur la pêche, les règles de libre concurrence et les questions de gouvernance, notamment les mécanismes de règlement des litiges.

Boris Johnson se dit confiant, même en cas de sortie sans accord

Vendredi, à l'issue d'un sommet européen infructueux à Bruxelles, le Premier ministre britannique Boris Johnson avait appelé les Britanniques à se préparer à un "hard Brexit". "A moins d'un changement fondamental d'approche, nous allons vers la solution à l'australienne, et nous devons le faire avec une grande confiance", a-t-il dit en référence aux relations entre l'Australie et l'UE, qui ne s'appuient sur aucun accord de libre-échange bilatéral étendu.

Le porte-parole de Boris Johnson avait ensuite enfoncé le clou en affirmant que "les négociations commerciales sont terminées : l'UE y a mis fin de facto en disant qu'elle ne voulait pas changer de position de négociation", a-t-il dit.

Londres et les Européens ont officiellement divorcé le 31 janvier dernier, mais sont alors entrés dans une période de transition, le temps de trouver un terrain d'entente sur leurs futures relations, notamment commerciales. Cette période s'achèvera le 31 décembre. Passée cette date, faute d'accord, ce sera un divorce "sec", un "hard Brexit"...

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