Brexit : machine arrière ?

Brexit : machine arrière ?
Londres Big ben Royaume-Uni Grande-Bretagne

Boursier.com, publié le mercredi 17 janvier 2018 à 14h17

Et si la Grande-Bretagne faisait machine arrière sur le Brexit ? Ce scénario revient avec insistance des deux côtés de la Manche depuis quelques semaines, y compris parmi certaines voix historiques qui militent pour le "out"...

Une fois qu'il aura quitté l'Union européenne, le Royaume-Uni pourra toujours faire usage de l'article 50 du traité de Lisbonne qui lui permet de faire son retour, a déclaré ce mercredi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, ajoutant qu'il "aimerait" que cela soit le cas... Une façon d'ouvrir la porte à ceux qui redoutent une facture trop lourde à payer.

Mais pour Jean-Claude Juncker, le Brexit est surtout une mauvaise affaire pour tout le monde, un dossier "perdant-perdant" ! "Pour moi, la sortie du Royaume-Uni est une catastrophe, c'est un échec que nous devons tous assumer", a-t-il expliqué, reconnaissant des torts partagés... "Les Britanniques ne se sont jamais sentis à l'aise dans l'Union européenne", a-t-il admis...

Seconde phase

Rappelons que les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont validé fin 2017 les recommandations du négociateur européen du Brexit, Michel Barnier, de quoi ouvrir la seconde phase des négociations du divorce entre l'Union européenne et le Royaume-Uni... la plus douloureuse...

Michel Barnier s'est dit en mesure de présenter prochainement un projet de traité sur la sortie de la Grande-Bretagne du bloc communautaire. Toutefois, le négociateur a prévenu qu'un accord de libre-échange ne pourra être bouclé avant le Brexit, qui est prévu pour le 29 mars 2019. Il n'y a "aucune possibilité" qu'un accord de libre-échange soit conclu avant le Brexit, et seule "une déclaration politique" organisant le Brexit sera prête à cette date-là, avait expliqué  Michel Barnier, reprenant une position affichée par Bruxelles...

Un période de transition de deux ans après le Brexit ?

Ainsi, à partir de ce mois de janvier 2018, les 27 prévoient de discuter de la période de transition de deux ans demandée par Theresa May, la Première ministre britannique, afin d'éviter une rupture brutale après le départ du Royaume-Uni de l'UE, prévu le 29 mars 2019.

Pendant cette transition de deux ans, jusqu'en mars 2021, le Royaume-Uni resterait de facto dans le marché unique et l'union douanière, conservant toutes les réglementations actuelles.

Londres continuerait aussi d'appliquer le droit européen, de cotiser à son budget et resterait soumis à la juridiction de la Cour de justice de l'UE (CJUE). En revanche, le Royaume-Uni n'aurait plus voix au chapitre dans le processus de prise de décisions de l'UE...

Une facture estimée entre 40 et 45 MdsE pour Londres

Les progrès avaient été jugés suffisants fin 2017 concernant les trois principaux sujets à (haut) risque, à savoir les droits des citoyens de l'UE au Royaume-Uni, la frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord, ainsi que la facture du Brexit pour Londres, qui devrait finalement s'élever entre 35 et 39 milliards de livres, soit entre 40 et 45 MdsE.

Les citoyens de l'Union vivant au Royaume-Uni et les citoyens britanniques installés dans l'UE27 conserveront les mêmes droits une fois que le Royaume-Uni aura quitté l'Union. Quant à la question irlandaise, le Royaume-Uni a reconnu la singularité de l'île d'Irlande et a pris des engagements importants pour éviter la mise en place d'une frontière physique entre la République d'Irlande, membre de l'UE, et l'Irlande d Nord, province britannique...

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