Brexit: Paris et Berlin appellent à rester ferme face à Londres

Brexit: Paris et Berlin appellent à rester ferme face à Londres
Le secrétaire d'Etat français aux affaires européennes Clément Beaune (à gauche) et son homologue allemand Michael Roth, le 7 septembre 2020 à Berlin

AFP, publié le mercredi 09 septembre 2020 à 12h33

La France et l'Allemagne entendent faire preuve de fermeté vis à vis du Royaume-Uni concernant la relation future avec l'Union européenne, alors que les négociations ont repris dans un climat électrique, après la volonté de Londres de revenir sur certains engagements.

"Nous sommes dans un esprit constructif, mais fermes sur le fonds", a déclaré à l'AFP le secrétaire d'Etat français aux affaires européennes Clément Beaune, dans un entretien commun avec son homologue allemand Michael Roth à Berlin.

"C'est l'un des axes essentiels de la présidence allemande" de l'Union européenne, au deuxième semestre de l'année en cours, que "de trouver un degré élevé d'unité" à ce sujet, a renchéri ce dernier.

"Nous sommes très attentifs au fait que les 27 pays de l'UE ne se laissent pas divisés sur cette question", a-t-il insisté.

La huitième session de négociations entre Royaume-Uni et Union européenne, ouverte mardi, doit durer jusqu'à jeudi. Mais son issue reste plus qu'incertaine.

La volonté britannique de réviser certaines parties de l'accord encadrant la sortie de l'UE fin janvier dernier, et révélée lundi par le Financial Times, a désagréablement surpris les Européens qui ont mis en garde sur un coup porté à la "confiance".

- "Nous voulons un accord" -

Interrogé à ce sujet, Clément Beaune a souligné que la balle était dans le camp britannique.

"C'est au Royaume-Uni de nous dire s'il souhaite, au delà des spéculations ou des rumeurs, sortir sans accord de l'UE, ce qui n'est pas bon pour l'UE mais encore moins bon pour le Royaume Uni", a-t-il mis en garde.

S'il "souhaite un accord, nous avons un cadre qui existe depuis près d'un an (...) qui est fixé dans la déclaration politique commune" acceptée par les deux parties, a souligné M. Beaune. 

"On doit se tenir à ses principes et maintenant accélérer la négociation de fond et de détails sur la mise en œuvre" de cette déclaration, a-t-il dit, ajoutant ne pas vouloir "croire que l'une des parties se dégage de cet accord". 

Le Royaume-Uni a formellement quitté l'UE le 31 janvier, soit près de quatre ans après un référendum historique marquant la fin de 46 ans d'un mariage houleux.

Il reste régi par la réglementation européenne jusqu'à fin décembre, période de transition pendant laquelle les deux parties tentent de conclure un accord de libre-échange.

Les deux responsables ont redit leur volonté de mettre en place "une bonne relation" avec Londres.

"Pour cela il faut évidement que chacun s'en tienne à ce qui a déjà été agréé et avance maintenant de bonne foi sur la négociation de la relation future", a insisté M. Beaune.

"Nous voulons un accord", a-t-il souligné, "c'est la position de la France et celle de l'UE".

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