Brexit : pourquoi ça coince

Brexit : pourquoi ça coince
13 mars 2019

Boursier.com, publié le mardi 20 août 2019 à 21h48

Le Premier ministre britannique Boris Johnson doit rencontrer Angela Merkel mercredi et Emmanuel Macron le lendemain, mais il peine à convaincre.

Boris Johnson a promis que le Brexit aurait lieu "coûte que coûte" le 31 octobre, mais tente encore de trouver un accord avec ses partenaires européens. Le Premier ministre britannique rencontrera la chancelière allemande Angela Merkel ce mercredi, puis Emmanuel Macron le lendemain, avant de participer au sommet du G7 de Biarritz.

Mais il peine à séduire. Il a fait parvenir en début de semaine une lettre à Donald Tusk, le Président du Conseil européen, pour lui proposer une alternative au "backstop", cette clause de sauvegarde destinée à éviter en derniers recours le retour à une frontière physique entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande, après le divorce entre Londres et l'UE. C'est cette clause qui a fait échouer les trois tentatives menées par l'ancienne Première ministre Theresa May de faire voter par la Chambre des communes l'Accord de retrait conclu en novembre.

Piste rejetée

Boris Johnson pose désormais l'abandon de cette clause comme condition préalable à la discussion d'un accord entre le Royaume-Uni et l'UE. Mais la piste a été rejetée par le président du Conseil européen. "Le 'backstop' est une assurance destinée à éviter une frontière physique sur l'île d'Irlande en attendant qu'une alternative soit trouvée", écrit Donald Tusk sur Twitter. "Ceux qui sont contre le 'backstop' et ne proposent pas d'alternatives réalistes sont en réalité favorables au rétablissement d'une frontière, même s'ils ne l'admettent pas."

Pour Boris Johnson et les "Brexiters" qui s'y opposent farouchement depuis des semaines, la "clause de sauvegarde" porte atteinte à la souveraineté britannique. Elle prévoit le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière communautaire le temps que soit trouvée une solution à la question de la frontière irlandaise, supprimée depuis les accords de paix du Vendredi Saint en 1998.

Dans la foulée de Donald Tusk, la Commission européenne a répété mardi que la clause de sauvegarde était le seul moyen d'empêcher le retour d'une frontière physique en Irlande, estimant que les propositions du gouvernement britannique sont trop légères. "La lettre ne fournit pas de solution opérationnelle légale pour empêcher le retour d'une frontière physique sur l'île d'Irlande", a déclaré Natasha Bertaud, porte-parole de la Commission européenne, lors d'un point de presse. "Notre position sur le 'backstop' est bien connue (...) C'est le seul moyen identifié jusqu'à présent par les deux parties pour honorer cet engagement."

Eviter la fraude

L'Union européenne veut s'assurer que la seule frontière terrestre entre le bloc communautaire et le Royaume-Uni ne devienne pas un lieu de transit pour l'entrée frauduleuse de biens sur le marché européen. De son côté, l'Irlande, soutenue dans sa position par Bruxelles, estime qu'un retour à une frontière "dure" risque de ranimer les tensions communautaires en Irlande du Nord qui ont duré pendant plus de trois décennies.

Face au refus de Bruxelles, Boris Johnson a répété quelle était la position de son gouvernement : entamer une nouvelle négociation sur les conditions du Brexit. "Il est clair qu'à défaut d'une réouverture de l'Accord de retrait et un abandon du 'backstop', il n'y a aucune chance d'un accord", ont fait savoir les services du 10 Downing Street. "Nous sommes prêts à négocier, de bonne foi, une solution de remplacement du backstop".

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