Brexit : suspense avant le vote du parlement britannique

Brexit : suspense avant le vote du parlement britannique
Maire de Londres, Boris Johnson, venez à londres l

Boursier.com, publié le jeudi 17 octobre 2019 à 21h50

Londres et Bruxelles ont annoncé jeudi un accord sur le Brexit, mais le texte doit encore être approuvé par le parlement britannique, ce qui est loin d'être gagné... Le Premier ministre britannique Boris Johnson affiche néanmoins sa confiance.

A moins de deux semaines de la date-butoir du 31 octobre, le Premier ministre britannique Boris Johnson est donc parvenu in extremis, jeudi, à décrocher un nouvel accord sur la sortie ordonnée du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Londres et Bruxelles ont annoncé solennellement cet accord, qui a été validé dans la foulée par le Conseil européen qui s'est ouvert jeudi, et a été salué par les marchés financiers.

L'euphorie a toutefois été de courte durée, les observateurs prenant conscience du prochain obstacle à franchir, à savoir l'approbation du texte, samedi, par la Chambre des communes, où la majorité est loin d'être garantie en sa faveur.

La livre sterling a rebondi de 5% en une semaine

Ainsi, l'annonce de l'accord a été saluée par les Bourses européennes qui ont accru leur progression jeudi matin, mais ont ensuite terminé la séance en léger recul (-0,3% pour l'indice EuroStoxx 50, -0,42% pour le CAC 40).

La livre sterling a quant à elle grimpé à un plus haut depuis cinq mois face au dollar, à 1,2990$ (+1,2%) avant de finir la séance plus modestement autour de 1,2870$ (+0,3%). A ce niveau, la devise européenne a tout de même regagné plus de 5% en une semaine dans l'espoir d'un Brexit ordonné.

Le parlement britannique se réunira donc pour ce vote crucial dès samedi (la chambre des communes ne s'était plus réunie un samedi depuis... 1982, lorsque l'Argentine avait envahi les îles Malouines). Rappelons que les députés avaient rejeté trois fois de suite le précédent accord de Brexit négocié de haute lutte par Theresa May, qui a précédé Boris Johnson au 10 Downing Street.

Boris Johnson doit encore sécuriser une trentaine de voix

L'accord doit obtenir au moins 318 voix pour être ratifié, mais le parti conservateur de Boris Johnson n'en compte que 288. Il reste donc 30 voix à trouver, soit chez les indépendants ou dans l'opposition travailliste et chez les unionistes nord-irlandais.

Cependant, le Parti unioniste démocrate (DUP), modeste formation nord-irlandaise qui permet à Boris Johnson de disposer d'une majorité parlementaire, a prévenu qu'il ne pourrait pas "en l'état actuel des choses" voter l'accord. Quant à l'opposition travailliste, son chef de file Jeremy Corbyn a lui aussi déclaré ne pas être en mesure de soutenir cet accord.

En outre, il existe au sein même du parti conservateur un groupe informel d'une trentaine de "hard Brexiters" qui pourraient se rebeller s'ils estiment le texte trop modéré.

"Plutôt mourir dans un fossé" que de reporter le Brexit

Si le texte n'obtient pas de majorité parmi les députés, la situation sera particulièrement incertaine. Boris Johnson serait alors obligé de demander à l'UE un nouveau report de la date du Brexit, une possibilité qu'il a toujours rejetée, affirmant même qu'il préférerait "plutôt mourir dans un fossé".

Jeudi soir, Boris Johnson s'est toutefois montré optimiste sur les chances d'approbation du nouvel accord . "Je suis très confiant dans le fait que, quand mes collègues au parlement auront étudié cet accord, ils voudront voter pour lui samedi", a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse.

La principale modification par rapport à l'accord précédent est le traitement de la très épineuse question de la frontière entre l'Irlande du Nord (province britannique de l'Ulster) et la République d'Irlande (membre de l'UE). Le nouvel accord ne prévoit plus de "backstop" : cette clause censée empêcher le rétablissement de contrôles douaniers entre les deux Irlande, a été rejetée par Boris Johnson, ainsi que par le DUP et de nombreux "Brexiters".

Les contrôles douaniers effectués en mer d'Irlande

La nouvelle version propose le maintien de l'Ulster dans la zone douanière du Royaume-Uni et l'instauration de droits de douane pour les marchandises transitant de l'île britannique vers la province si elles doivent passer par la suite dans le marché unique via l'Irlande.

En pratique, cela signifie que les futurs contrôles douaniers devront être pratiqués en Mer d'Irlande, dans les ports et les aéroports.

Pour le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, la nouvelle version "permet d'apporter de la sécurité juridique, de la certitude partout où le Brexit crée, comme toute séparation, de l'incertitude et, d'abord, pour les citoyens".

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