Brexit : Theresa May sommée de clarifier ses positions avant 10 jours

Brexit : Theresa May sommée de clarifier ses positions avant 10 jours©Boursier.com

Boursier.com, publié le samedi 25 novembre 2017 à 06h36

Les négociations du Brexit semblent toujours dans l'impasse, malgré une rencontre, vendredi à Bruxelles, entre le président du Conseil européen, Donald Tusk et la Première ministre britannique Theresa May.

A l'issue de cette réunion, Mme May a pourtant salué une "atmosphère positive dans les discussions et le sentiment sincère que nous voulons progresser ensemble". Elle a toutefois ajouté qu'"il y a toujours des problèmes sur les différents sujets que nous négocions qui doivent être réglés".

Nouvelle réunion prévue le 4 décembre

De son côté, Donald Tusk s'est montré plus pessimiste. "Il nous faut observer des progrès de la part du Royaume-Uni sous dix jours sur toutes les questions, y compris l'Irlande", a commenté le dirigeant européen sur Twitter. C'est possible, a-t-il ajouté, mais c'est un "immense défi".

Au terme de cette période de 10 jours, le 4 décembre, Theresa May sera de retour à Bruxelles pour y rencontrer cette fois le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le négociateur en chef des Européens, Michel Barnier.

Les trois questions-clés à régler pour boucler la première phase, dont l'objectif est de fixer les modalités du Brexit, sont les suivantes : le montant de la facture que Londres devra régler pour solder le divorce avec Bruxelles, les droits des expatriés européens au Royaume-Uni et britanniques dans l'UE, et enfin, l'avenir de la frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord.

Désaccord sur trois points-clés, dont la facture et la frontière irlandaise

Londres presse ses interlocuteurs européens de passer à la seconde phase afin d'atténuer les incertitudes et de redonner de la visibilité, notamment aux entreprises britanniques. Celle-ci s'impatientent et ont exigé récemment des éclaircissements à l'approche de la date fatidique du 29 mars 2018 fixée pour le Brexit.

Toutefois, sans accord sur les trois points-clés, les Vingt-Sept ont fait savoir qu'ils n'engageraient pas la phase 2 des négociations, qui portera sur l'établissement des futurs accords commerciaux liant Londres et l'UE. Or, pour l'instant, les parties ne sont d'accord sur aucun des trois points, bien que des avancées aient été faites par Londres sur la facture du Brexit.

Theresa May aurait ainsi proposé 40 milliards d'euros (voire 45 MdsE selon les dernières rumeurs de presse), un montant supérieur à ses précédentes propositions (20 MdsE), mais qui reste inférieur aux 50 à 60 MdsE réclamés par Bruxelles.

Un Conseil européen crucial les 14 et 15 décembre

Les Vingt-Sept doivent examiner le passage à la seconde phase des discussions lors du Conseil européen des 14 et 15 décembre, mais ils souhaitent avoir un projet clair sur la table d'ici au 4 décembre, afin d'avoir le temps de l'étudier avant de se prononcer.

Si la seconde phase n'est pas lancée en décembre, elle risque d'être reportée au printemps 2018, ce qui prolongerait les incertitudes. Les décisions d'investissement des entreprises resteraient gelées au Royaume-Uni, dont l'économie commence à flancher après s'être bien comportée dans la première année suivant le référendum de juin 2016, qui a scellé la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

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