Brexit : toujours pas d'accord, Boris Johnson attendu à Bruxelles

Brexit : toujours pas d'accord, Boris Johnson attendu à Bruxelles©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 07 décembre 2020 à 21h45

Après l'échec des négociations la semaine dernière, Boris Johnson et Ursula von der Leyen se sont téléphonés lundi soir. Mais les conditions pour finaliser un accord ne sont pas toujours réunies. Boris Johnson va désormais se rendre à Bruxelles.

Alors que le compte à rebours vers le Brexit s'accélère, les conditions d'un accord entre Londres et l'Union européenne n'étaient toujours pas pas réunies lundi soir, malgré un nouvel entretien téléphonique entre le Premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

A l'issue de cet entretien téléphonique (le deuxième depuis samedi), "nous sommes convenus que les conditions pour finaliser un accord ne sont pas réunies en raison des divergences significatives qui subsistent sur trois questions critiques: les règles du jeu équitables, la gouvernance et la pêche", ont ainsi fait savoir les deux dirigeants à l'issue de leur entretien dans un communiqué conjoint.

La livre sterling recule face aux craintes d'un échec des discussions

"Nous avons demandé à nos négociateurs en chef de préparer un aperçu des différends pour en discuter en personne dans les prochains jours", ont-ils ajouté. Selon des sources diplomatiques, citées par 'Reuters', non seulement leur discussion a été infructueuse, mais les divergences se sont encore aggravées...

Sur les marchés financiers, la livre sterling a souffert lundi face au dollar et à l'euro, abandonnant jusqu'à 1,5% en séance, avant de réduire ses pertes à environ 0,5% en soirée, les craintes d'un échec définitif des discussions entre Londres et Bruxelles semblant pour l'instant écartées.

Le quotidien le 'Sun' avait écrit lundi matin que le Royaume-Uni pourrait se retirer purement et simplement des négociations "dans les heures qui viennent"...

Boris Johnson attendu à Bruxelles, où se prépare un sommet européen

Selon des sources diplomatiques, le Premier ministre britannique va désormais se rendre en personne à Bruxelles pour tenter d'arracher un compromis, alors que le sommet européen de jeudi et vendredi dans la capitale belge est largement considéré comme la date butoir pour un accord.

"Les discussions en sont au même point que vendredi. Nous n'avons fait aucun progrès tangible. Il est clair que cela doit maintenant se poursuivre au niveau politique", a reconnu à Londres une source gouvernementale citée par 'Reuters'.

Risque élevé de Brexit sans accord le 1er janvier prochain

Trois principaux sujets de divergences opposent toujours Londres et Bruxelles ce lundi: la question de la pêche, les règles d'une concurrence équitable et le mécanisme de règlement des litiges.

Le Royaume-Uni a officiellement quitté l'UE le 31 janvier dernier, mais l'effet du divorce ne se fera pleinement sentir que le 1er janvier 2021, à l'issue de la période de transition pendant laquelle il continue d'appliquer les normes européennes. Pendant cette période, Londres et Bruxelles doivent conclure un traité commercial mais à seulement 24 jours de la fin de l'année, les discussions patinent.

Le temps presse pour conclure un accord dans les prochains jours, pour qu'il puisse être ratifié à temps par les Parlements britannique et européen, avant le 31 décembre 2020. Faute de quoi, au 1er janvier, le Royaume-Uni quittera l'Union européen sans accord commercial, un "hard Brexit" aux conséquences graves pour les échanges commerciaux déjà plombés par la crise du coronavirus...

La France prête à mettre son veto sur la question de la pêche

Lundi matin, le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, cité par la radiotélévision irlandaise RTE estimait que les négociations entre Londres et les Européens étaient "pour l'instant bloquées" et que les obstacles empêchant de progresser sont toujours "très largement" en place.

Du côté de la France, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Clément Beaune, a prévenu que Paris opposera son veto si un accord s'avérait non conforme à ses intérêts, notamment sur le sujet délicat des quotas de pêche. "L'accès à 100% aux quotas de pêche dans la zone maritime du Royaume Uni, on sait que c'est fini. Mais il faut un accès large et durable", a dit Clément Beaune dans une interview au 'Journal du Dimanche'. "Les Britanniques ne peuvent pas d'un côté vouloir l'accès à la totalité de notre marché unique européen, et de l'autre, exclure la pêche de cet ensemble", a-t-il ajouté.

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