Brexit : toujours pas d'accord en vue !

Brexit : toujours pas d'accord en vue !©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 17 octobre 2018 à 23h25

La perspective d'un accord sur les modalités du Brexit, pourtant jugée proche il y a deux semaines par les négociateurs, s'éloigne une nouvelle fois... Le sommet européen de mercredi à Bruxelles s'annonçait ainsi comme un nouvel échec tard mercredi soir. Les blocages se sont cristallisés une nouvelle fois sur la question de la future frontière entre l'Irlande et le Royaume-Uni, après la sortie de ce dernier de l'Union européenne, prévue le 29 mars 2019.

Le président du parlement européen, Antonio Tajani, qui a assisté à l'intervention de la Première ministre britannique Theresa May, mercredi lors du sommet de Bruxelles, a estimé que malgré une "bonne volonté" affichée, la dirigeante n'avait pas fait de nouvelles propositions à ses 27 homologues, pourtant espérées par l'UE pour débloquer les négociations sur le Brexit.

Le "moment de vérité" reporté à décembre ?

"Je n'ai pas constaté de nouveautés majeures en ce qui concerne la teneur du discours de Mme May", a déclaré M. Tajani. Toutefois, il a souligné la "bonne volonté" de Mme May, son "attitude positive" et a relevé une "atmosphère beaucoup plus détendue" qu'un mois plus tôt lors d'une réunion à Salzbourg, en Autriche. L'Union européenne avait alors rejeté sèchement les propositions britanniques.

Ce sommet avait été initialement présenté comme un "moment de vérité" à moins de six mois du départ du Royaume-Uni, prévu pour le 29 mars 2019. Mais désormais, le négociateur en chef européen en charge du Brexit, Michel Barnier, appelle au "calme et (à la) patience". "Nous avons besoin de temps, de plus de temps" pour arriver à un compromis à la fois sur les conditions du divorce et sur la future relation, a-t-il souligné.

Michel Barnier considère désormais que les discussions pourraient aller jusqu'à décembre, soit bien au-delà de la période buttoir de mi-octobre initialement fixée par les Britanniques. De son côté, la chancelière Angela Merkel estimait encore que la possibilité d'un accord était "toujours là", sans donner de calendrier. Les milieux d'affaires eux, se préparent désormais sérieusement à la possibilité d'un "Brexit dur", sans accord d'ici au 29 mars prochain.

La question de l'Irlande au coeur des désaccords

L'UE s'inquiète de la position du gouvernement britannique, qui reste empêtré dans des disputes internes et qui, même en cas d'accord, devra encore soumettre le texte négocié au Parlement. Ces derniers jours, les discussions entre l'UE et Londres ont une nouvelle fois buté sur la solution qui permettrait d'éviter le rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, afin de sauvegarder les Accords de paix de 1998.

Afin de débloquer les négociations, M. Barnier serait prêt à accepter de prolonger d'un an, soit jusqu'au 31 décembre 2021, la période de transition, selon des sources citées mardi par le 'Financial Times'. Cela permettrait de donner plus de temps pour négocier un accord commercial avec le Royaume-Uni.

Des positions irréconciliables pour l'instant

Les négociateurs de l'Union européenne proposent de mettre en place un statut spécial pour l'Irlande du Nord, avec un alignement réglementaire sur le continent. Dans ce cas, les contrôles des marchandises, rendus nécessaires à la suite du départ du Royaume-Uni de l'UE, seraient effectués entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.

Londres refuse cependant toute idée d'une frontière entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni, qui aurait "pour effet de disloquer le Royaume-Uni". Le Royaume-Uni propose de son côté que l'ensemble du pays reste aligné sur les règles douanières de l'Union jusqu'à la signature d'un accord de libre-échange plus large, afin d'éviter tout contrôle de marchandises aux frontières. Ce statu quo prolongé est jusqu'ici refusé par les dirigeants européens.

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