Brexit : tu veux ou tu veux pas ?

Brexit : tu veux ou tu veux pas ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 15 octobre 2019 à 14h38

À quelques jours de la date fixée pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE, le Sénat s'inquiète du "désastre" potentiel, surtout sans accord et pointe un risque d'éclatement du Royaume-Uni...

Alors qu'Emmanuel Macron et Boris Johnson ont eu un entretien téléphonique hier au sujet des négociations en cours sur le Brexit, il existe une possibilité d'accord entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne mais sans certitude d'aboutir d'ici mardi soir, a déclaré l'Elysée...

Le négociateur européen Michel Barnier souhaite parvenir à un "deal" d'ici mardi soir pour pouvoir le faire entériner lors du sommet européen prévu jeudi et vendredi.

"Il y a une possibilité d'accord c'est clair, c'est reconnu par tous, ce qui compte c'est ce qu'en dit le négociateur Michel Barnier, mais une possibilité d'accord n'est pas encore un accord", ajoute-t-on à la présidence de la République, où l'on "ne peut pas dire si ça atterrira du bon côté d'ici ce soir" selon l'agence Reuters.

Risque d'éclatement

Le Sénat en attendant a de nouveau alerté sur le "désastre du Brexit" et le risque d'éclatement du Royaume-Uni à moyen terme...

À quelques jours de la date fixée pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE, le Sénat s'inquiète du "désastre" potentiel, surtout sans accord, au bilan perdant-perdant, et pointe un risqued'éclatement du Royaume-Uni, dans un rapport publié par Christian Cambon et Jean Bizet, co-présidents du groupe de suivi sénatorial chargé du dossier...

Sans concession

Dans ce rapport, le groupe de suivi du Sénat livre une analyse sans concession des trois années écoulées depuis le référendum du 23 juin 2016...

La décision britannique de sortie de l'UE a déjà eu un coût important pour l'Union, les États-membres, les entreprises et les citoyens... La facture pourrait s'alourdir considérablement si le Royaume-Uni décidait de sortir brutalement, sans accord ordonné. Au-delà du casse-tête de la frontière irlandaise, les sénateurs estiment que laquestion écossaise pourrait être relancée. Enfin, le rapport met l'accent sur l'urgence à engager la réflexion sur la relation future entre l'Union et le Royaume-Uni lorsqu'il sera, demain, un État tiers, en particulier en matière de défense et de sécurité.

"Le Brexit est un contre-sens géostratégique, politique et économique" déclare Christian Cambon. "Notre rapport alerte sur le risque d'éclatement d'un Royaume plus désuni que jamais : à notre sens, le Brexit ne pourra que relancer la question de l'indépendance écossaise..."

"4,5 millions de citoyens pris en otage"

"La facture économique sera élevée, pour la France comme pour le Royaume-Uni. Pêche, agriculture, finances, industrie, transport sont en première ligne, comme les régions Hauts-de-France, Normandie et Bretagne. 4,5 millions de citoyens sont pris en otage. L'indispensable relance de l'UE a pris du retard. Les débats autour du Brexit ne reflètent plus que les seules divisions internes du Royaume-Uni et épuisent l'énergie et la patience des 27 États membres. Il est temps d'en finir, mais de manière ordonnée" juge Jean Bizet.

Le Sénat attire aussi l'attention sur le risque d'un accord "à la va-vite" et sur la nécessité, pour l'Union européenne, de rester ferme dans la négociation quant à l'équité concurrentielle comme condition préalable à tout accord futur de libre-échange...

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