Bridgestone Béthune: le site cédé au logisticien nordiste Log's

Bridgestone Béthune: le site cédé au logisticien nordiste Log's
L'usine Bridgestone de Béthune (pas-de-Calais) le 21 septembre 2020

AFP, publié le mercredi 21 avril 2021 à 20h26

La direction de l'usine de pneumatiques Bridgestone de Béthune (Pas-de-Calais), qui doit fermer le 3 mai, a annoncé mercredi la cession du site à la filiale SIG du logisticien nordiste Log's pour son aménagement en "pôle industriel", un projet qui mobilise gouvernement et région.

La direction de l'usine de pneumatiques Bridgestone de Béthune (Pas-de-Calais), qui doit fermer le 3 mai, a annoncé mercredi la cession du site à la filiale SIG du logisticien nordiste Log's pour son aménagement en "pôle industriel", un projet qui mobilise gouvernement et région.

Dans un communiqué commun, Bridgestone France et SIG indiquent avoir signé, le 20 avril, "un accord pour l'acquisition et l'aménagement industriel de l'intégralité du site de Béthune afin d'y accueillir divers projets et créer un Pôle Industriel Multi-Technologies". 

"SIG reprendra l'intégralité du site" cédé par Bridgestone France "pour un montant symbolique", précisent les parties prenantes, qui voient dans cette cession "un acte fort permettant de soutenir la reprise et la réindustrialisation du site", dont la fermeture va supprimer quelque 850 emplois. 

"Bridgestone France s'engage également à participer aux investissements d'aménagement aux côtés de SIG", tandis que le groupe Log's s'est "engagé dans l'utilisation d'une partie du site pour développer ses propres activités logistiques à horizon 2022", ajoute le communiqué.

"Les porteurs de projets, qui sont pour certains déjà en discussion avec Bridgestone afin d'évaluer la faisabilité à long terme et le potentiel de création d'emplois de chaque projet, se verront garantir des coûts de location particulièrement favorables", est-il précisé. 

L'usine, dont le géant japonais avait brutalement annoncé la fermeture mi-septembre, invoquant une surcapacité de production en Europe et la concurrence des marchés asiatiques à bas coûts, doit définitivement fermer le 3 mai. 

"Nous serons mobilisés pour faire en sorte que ce cap soit passé", tant en matière de reclassement des salariés que de revitalisation du site, a déclaré mercredi dans un point de presse téléphonique la ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher à l'issue de visioconférences avec les représentants du groupe, de l'agglomération Béthune-Bruay, de la région Hauts-de-France et du personnel. 

- "Continuer à faire pression sur Bridgestone" - 

Parmi les salariés de Bridgestone, plus de 180 ont pour l'heure trouvé un nouvel emploi (CDI ou CDD de plus de six mois), et 57 ont demandé un départ en retraite anticipé, avec aussi près d'une vingtaine en création d'entreprises, a-t-elle détaillé. 

Neuf projets d'activité sont aussi en cours d'examen, avec des arbitrages attendus pour les plus tardifs à la fin du premier semestre 2022, avec comme "objectif la création de plusieurs centaines d'emplois à la fois industriels et logistiques". 

"Le projet logistique est capable de générer 300 emplois, mais nous voulons le périmétrer pour réimplanter des activités de productions", auxquelles pourraient être dédiés 80% du site, a souligné la ministre. 

La cession du site "est une bonne chose" mais "il faut continuer à faire pression sur Bridgestone" pour le réaménagement du site, a réagi auprès de l'AFP Xavier Bertrand, le président ex-LR de la région et candidat à la présidentielle. L'objectif est notamment qu'une partie des activités logistiques du groupe soit reportée d'Anvers, en Belgique, vers Béthune, a-t-il précisé.

Deux des projets à l'examen portent sur des activités de reconditionnement et de recyclage liées aux pneumatiques, un troisième sur le recyclage de batteries, selon la ministre et M. Bertrand. 

La quarantaine de salariés en rupture de ban avec l'intersyndicale, réunis sous l'appellation des "Affranchis de Bridgestone", ont par ailleurs subi un revers devant le tribunal de commerce d'Arras, selon leur avocat Me Fiodor Rilov. 

Le tribunal, a-t-il indiqué, a jugé mardi "irrecevable" le recours par lequel ils entendaient faire reconnaître que la direction française actuelle allait à l'encontre des intérêts de l'usine et des salariés, et obtenir la nomination d'un administrateur. Me Rilov compte faire appel. 

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