Bridgestone: l'Etat "ne laissera pas tomber" les élus et les salariés, promet Borne

Bridgestone: l'Etat "ne laissera pas tomber" les élus et les salariés, promet Borne
Manifestation devant l'usine de Bridgestone, le 17 septembre 2020 à Béthune (Pas-de-Calais)

AFP, publié le vendredi 18 septembre 2020 à 18h35

La ministre du travail Elisabeth Borne a assuré vendredi sur Sud-Radio que l'Etat ne "laisserait pas tomber les élus et les salariés" de Bridgestone qui veut fermer en 2021 son usine de pneus de Béthune (Pas-de-Calais) où travaillent 863 salariés.

"On ne laissera pas tomber les élus, on ne laissera pas tomber les salariés", a déclaré Mme Borne en confirmant qu'elle se rendrait lundi sur le site de Bridgestone à Béthune avec la ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher pour les "rencontrer" et "voir ce qu'on peut faire, quelles sont les prochaines étapes". 

Contactée vendredi par l'AFP, la direction de Bridgestone a indiqué qu'elle souhaitait également "participer aux discussions", sans préciser si elle serait effectivement à la réunion de lundi, ce qu'elle avait affirmé plus tôt.

"Il y a une mobilisation absolue pour ce site", a assuré sur Europe 1 le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal qui "croit à la pression politique" et souligne "une forme de concorde politique autour de ce dossier", assurant travailler "main dans la main" avec Xavier Bertrand, le président de la région.

"On va tout faire pour trouver un avenir pour ces salariés", a-t-il ajouté en regrettant toutefois que "le dialogue social n'a(it) pas été au rendez-vous dans cette entreprise".

"Cette annonce, elle est brutale, elle est extrêmement choquante; annoncer la fermeture d'un site qui emploie aujourd'hui 863 salariés sans aucune étude alternative ça n'est pas responsable", a déploré Mme Borne, disant attendre de l'entreprise "qu'elle assume ses responsabilités, qu'elle regarde tous les scénarios".

"Il y a des outils très puissants qui sont mis en place par l'Etat", a souligné la ministre, en citant "l'activité partielle longue durée qui permet de protéger les emplois", et d'autres qui permettent, "dans le cadre du plan de relance", de "moderniser les outils industriels".

"Il faut que l'entreprise nous explique pourquoi elle ne (s'en) saisit pas et comment elle peut se saisir de tous ces outils", a-t-elle répété, en expliquant qu'il n'y avait pas "malheureusement" de "contrepartie" obligatoire aux aides publiques.

Interrogée par ailleurs sur l'ordonnance gouvernementale du 20 mai qui rend possible le rachat d'une entreprise par un actionnaire qui l'a lui-même placée en redressement judiciaire, Mme Borne a estimé qu'il fallait "se réinterroger" sur ce texte "qui avait pour objet de permettre le maximum de chances de reprises des entreprises".

"On voit qu'il y a des cas où c'est mal utilisé, j'ai saisi mon collègue du ministère de la justice pour qu'on soit bien vigilant quand on a des cas au tribunal de commerce (...) Cette ordonnance s'arrête à la fin de l'année, moi je trouve qu'il y a des situations choquantes".

L'enseigne d'ameublement Alinéa a fait l'objet cette semaine d'une décision de justice validant sa reprise partielle par ses actionnaires et permettant de sauver 9 magasins sur 26. L'avocate des salariés Nathalie Campagnolo a fustigé un "effet d'aubaine total" en faisant allusion à la procédure permise par l'ordonnance du 20 mai.

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