Bridgestone : le gouvernement promet de se battre pour sauver l'emploi

Bridgestone : le gouvernement promet de se battre pour sauver l'emploi©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 21 septembre 2020 à 17h26

Le gouvernement cherche des alternatives, alors que la direction du fabricant de pneus envisage de fermer le site et de supprimer les 863 emplois...

Les ministres du Travail et de l'Industrie étaient à Béthune lundi après-midi. Elisabeth Borne et Agnès Pannier-Runacher se sont rendues à l'usine de pneus Bridgestone, dont la fermeture a été annoncée la semaine dernière, mettant en danger près de 900 emplois.

"Dans la période actuelle plus que jamais, le gouvernement se battra pied à pied pour sauver les emplois", a déclaré Elisabeth Borne. "Ce site, c'est des compétences qui sont rares et donc évidemment (...) on ne laissera pas perdre ces compétences", a-t-elle ajouté.

Agnès Pannier-Runacher, a quant à elle annoncé l'organisation d'une réunion d'ici deux à trois semaines afin d'explorer des pistes alternatives à la fermeture du site.

"Ils nous ont dit qu'ils avaient examiné un certain nombre de scénarios, nous voulons les contre-expertiser, nous allons mandater un cabinet conseil, Accenture, qui va faire ce travail (...) qui nous permettra non seulement de regarder ces scénarios mais aussi de proposer éventuellement des scénarios alternatifs autour de cette technologie du pneu", a-t-elle dit évoquant la piste du recyclage des pneus.

"Ce qui nous anime c'est que les salariés de Bridgestone aient un emploi dans un an, dans deux ans, dans trois ans."

Des investissements de l'Etat ?

Le président de la région Hauts-de-France estime que l'Etat français doit proposer de financer les investissements nécessaires pour éviter la fermeture de l'usine Bridgestone de Béthune (Pas-de-Calais) et la délocalisation de son activité, a estimé dimanche l

Xavier Bertrand a cité dimanche en exemple le bras-de-fer qui avait opposé en 2013 l'Etat italien au fabricant de pneumatiques japonais, au terme duquel Rome avait accepté de financer des investissements pour sauver une usine de Bari qui devait être délocalisée.

"L'usine est restée ouverte et 60% des emplois ont été sauvés", a déclaré sur Europe 1 l'ancien responsable de Les Républicains, qui a dit travailler main dans la main avec le gouvernement français pour éviter la fermeture de l'usine de Béthune. "Il faut tout faire pour l'éviter", a-t-il insisté.

Avec les plans de relance

Selon Xavier Bertrand, les plans de relance annoncés au niveau national et régional doivent permettre de faire les investissements nécessaires.

Le président des Hauts-de-France a par ailleurs fustigé la mauvaise foi de Bridgestone, reprochant à la société japonaise de ne jamais avoir répondu à ses sollicitations pour savoir comment assurer la pérennité de l'usine de Béthune, tout en bénéficiant d'aides publiques.

"Les aides publiques doivent être remboursées" à chaque fois qu'une entreprise décide de délocaliser son activité, a insisté Xavier Bertrand.

Des aides importantes

Selon LCI, en 2008, la communauté d'agglomération de Béthune a versé près de 1,2 million d'euros au groupe japonais, en complément du versement de 500.000 euros de la Région. S'y ajoutent 500.000 euros du FEDER (fonds européen) ainsi que 320.000 euros de l'Etat.

Au total, les aides publiques depuis 2008 avoisinent donc 2,6 millions d'euros et Bridgestone a également profité de 1,8 millions d'euros de crédit d'impôt dans le cadre du CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité emploi) au titre de 2017.

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