Bruits au travail : une perte de près de 23 milliards d'euros par an

Bruits au travail : une perte de près de 23 milliards d'euros par an©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 14 octobre 2019 à 13h39

Tous les secteurs, dans le tertiaire comme dans l'industrie, sont concernés par les nuisances sonores qui auraient un impact considérable sur la productivité et l'absentéisme.

Le bruit au travail peut représenter un risque pour la santé des salariés, mais il peut s'avérer aussi très coûteux... A l'occasion de la Semaine de la santé auditive au travail, qui se déroule du 14 au 18 octobre, une enquête menée par l'Ifop pour l'association Journée nationale de l'audition (JNA) a alerté sur les dangers des nuisances sonores auxquels sont exposés les travailleurs. Entre fatigue, stress, lassitude et irritabilité, le coût social du bruit au travail s'élèverait ainsi à près de 23 milliards d'euros par an.

"Le bruit génère aussi des coûts de productivité et d'absentéisme. En 2018, un actif sur cinq perdait plus de 30 minutes de travail par jour à cause du bruit. Soit 6 millions de Français", a estimé Sébastien Leroy, porte-parole de l'association JNA, dans une interview accordée à 'Ouest-France'.

L'enquête JNA-Ifop 2016 avait déjà établi un coût moyen horaire à 32 euros. Ainsi, 3.840 euros par actif en poste de travail seraient perdus pour l'entreprise par année.

Près de 60% des salariés souffrent du bruit

Selon cette étude, plus d'un actif français sur deux (59%) déclare être gêné par le bruit et les nuisances sonores sur son lieu de travail, soit 7 points de plus par rapport à 2017. Pas moins de 40% des actifs ont d'ailleurs eux-mêmes conscience que ces bruits ont des répercussions sur la productivité.

S'agissant plus spécifiquement des échanges et interactions humaines, 36% des travailleurs estiment que les nuisances sonores sont à l'origine d'incompréhension avec leurs encadrants, 32% pensent qu'elles suscitent de l'agressivité dans les échanges et 31% des tensions ou conflits au sein de l'équipe de travail.

Les bruits provenant de l'extérieur des locaux et les matériels utilisés (imprimantes, machines diverses) sont cités en premier par 20% des répondants devant les conversations téléphoniques (13%) ou entre collègues (13%).

"La chasse au stress acoustique"

Début septembre, une augmentation de l'exposition des nuisances sonores, avec un tiers de salariés concernés en 2017, avait déjà été observée par la Dares, le service statistique du ministère du Travail. Avec la généralisation du travail en open space, une nette hausse avait été relevée dans le tertiaire.

"L'open space est censé favoriser communication et échanges. Mais tous les locaux n'ont pas été pensés acoustiquement pour cette vocation", a expliqué Sébastien Leroy.

L'association a, par ailleurs, appelé à "adapter la loi de santé au travail" notamment en abaissant les niveaux réglementaires de bruit et en rendant obligatoire la "chasse au stress acoustique". Les solutions pour lutter contre le bruit en entreprise sont en effet encore peu implémentées. D'après l'étude, seulement 28% d'employeurs mettent à disposition des dispositifs de protection individuels (bouchons mousse, casques ...) et 23% créent des espaces pour s'isoler du bruit.

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