Budget 2019 : le gouvernement promet 6 milliards d'euros de baisse d'impôts

Budget 2019 : le gouvernement promet 6 milliards d'euros de baisse d'impôts©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 24 septembre 2018 à 14h33

Le gouvernement a présenté lundi son projet de loi de finances pour 2019, promettant notamment un gain de pouvoir d'achat aux ménages. Objet de critiques pour avoir plombé le budget des Français en 2018, l'exécutif assure notamment que leurs prélèvements diminueront de six milliards l'an prochain, grâce à la suppression des cotisations maladie et chômage pour les salariés, à la disparition de la taxe d'habitation à partir de cet automne ou la réforme de l'ISF en IFI.

Le gouvernement, qui a bénéficié d'une croissance de 2,3% l'an dernier, a bâti son budget 2019 sur une hypothèse de 1,7%. Le déficit du budget de l'Etat français devrait monter à 98,7 milliards d'euros l'an prochain après 81,3 milliards en 2018.

Le déficit 2019 intègre pour 26 milliards d'éléments exceptionnels, pour l'essentiel (20 milliards) le coût de la transformation du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse de charges pérenne pour les entreprises qui sera pris intégralement en charge par l'Etat.

Six milliards pour le prélèvement à la source

S'y ajoute l'impact, pour près de six milliards, de la mise en place du prélèvement à la source au 1er janvier qui induit un décalage d'un mois des encaissements d'impôt sur le revenu. Quant à la prévision de baisse du déficit 2018, elle s'inscrit en baisse de 4,4 milliards par rapport au montant voté dans la loi de finances initiale.

Le projet de loi de finances a été bâti sur l'hypothèse d'un déficit public qui devrait monter à 2,8% du PIB, contre 2,6% attendu en 2018. Il intégrera là aussi l'impact, pour 0,9 point, de la transformation du CICE en baisse de charges. La transformation du CICE a pour conséquence également une forte baisse des prélèvements obligatoires sur les entreprises, qui atteindra 18,8 milliards d'euros l'an prochain.

Baisse du taux de prélèvement

Le taux de prélèvements obligatoires devrait revenir à 44,2% du PIB en 2019, en baisse de 0,8 point par rapport à 2018 et de 1,1 point par rapport à 2017. L'objectif affiché d'une baisse d'un point de celui-ci sur l'ensemble du quinquennat est ainsi atteint au bout de deux ans.

"C'est un budget illisible", a fustigé le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Eric Woerth dans une interview au 'Monde'. "Il comprend des mesures dans tous les sens, parfois des contresens. Le message est brouillé, résultat d'une politique brouillonne".

"C'est surtout un rendez-vous manqué. Avec l'assainissement des finances publiques, d'abord. Le déficit sera plus élevé en 2019 qu'en 2018 (2,8% contre 2,6% du produit intérieur brut-NDLR)", poursuit Eric Woerth.

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