Budget de l'UE: le Parlement dénonce les chiffres biaisés des coupes post-Brexit

Budget de l'UE: le Parlement dénonce les chiffres biaisés des coupes post-Brexit
Des représentants du Parlement européen ont fustigé le manque de transparence de la Commission européenne sur ses propositions de budgets post-Brexit de l'UE

AFP, publié le mercredi 23 mai 2018 à 18h49

Des représentants du Parlement européen ont fustigé mercredi le manque de transparence de la Commission européenne sur ses propositions de budgets post-Brexit, jugeant qu'elle masquait la véritable ampleur des coupes envisagées dans les politiques agricole et de cohésion.

"La proposition de la Commission, c'est une jolie histoire mais ce n'est pas une histoire vraie", a lancé devant des journalistes l'eurodéputée socialiste Isabelle Thomas, co-rapporteure du Parlement européen sur le cadre budgétaire 2021-2027 de l'UE, avec le député Jan Olbrycht (PPE, droite).

"Nous ne sommes pas très satisfaits, notamment quand les chiffres ne reflètent pas le même tableau que ce qui a été présenté par la Commission", a dit ce dernier au sujet des annonces de l'exécutif européen début mai, qui a suggéré des réductions de 5% pour la Politique agricole commune (PAC) et de 7% pour la politique de cohésion, destinée aux régions les moins développées de l'Union.

Ces propositions de coupes dans ces deux politiques emblématiques de l'Union, qui concentrent environ deux tiers du budget, ont provoqué de vives réactions des Etats membres. Et pourtant leur ampleur est bien supérieure à celle décrite par la Commission, selon l'analyse des services du Parlement européen.

Concernant l'agriculture, la réduction envisagée serait, selon le Parlement, de plus de 15%, incluant une baisse de plus de 10% pour les paiements directs aux agriculteurs et de plus de 25% dans les fonds consacrés au développement rural. Et la politique de cohésion serait, elle, réduite de 10% au total, "incluant une réduction de 45% au fonds de cohésion" destiné aux pays les moins développés, si on déduit la contribution actuelle du Royaume-Uni de la base de comparaison.

Les différences pointées du doigt entre les coupes telles que les a présentées la Commission et leur évaluation par le Parlement sont liées à des bases de comparaison différentes. Les eurodéputés jugent ainsi qu'il ne faudrait pas inclure les effets de l'inflation pour comparer les montants du "cadre financier pluriannuel" (CFP) actuel (2014-2020) et ceux du prochain (2021-2027).

Les eurodéputés contestent aussi le fait que la contribution britannique au CFP actuel soit tantôt prise en compte et tantôt exclue des comparaisons faites par la Commission avec ses propositions pour la prochaine période de programmation budgétaire de sept ans.

Le départ du Royaume-Uni, programmé en mars 2019, signifie pour l'UE la perte d'un de ses principaux contributeurs, au moment où apparaissent de nouveaux besoins en matière de défense notamment.

Des tractations tendues se profilent sur les budgets post-Brexit de l'Union entre les Etats membres, qui doivent parvenir à une décision unanime en se basant sur les propositions de la Commission. 

La France a déjà averti qu'elle "ne pourra accepter aucune baisse de revenu direct pour les agriculteurs".

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