CAC 40 : Oxfam dénonce les privilèges des actionnaires

CAC 40 : Oxfam dénonce les privilèges des actionnaires©Boursier.com
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Boursier.com, publié le lundi 22 juin 2020 à 10h18

Dividendes records, écarts de salaires vertigineux, et rentabilité à court terme sont épinglés dans un rapport publié par l'ONG.

Comment sont réparties les richesses au sein du CAC 40 ? Deux ans après la publication d'un rapport très critiqué notamment par le Medef, qui l'avait jugé biaisé, l'ONG Oxfam France et le BASIC (Bureau d'Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne) remettent le couvert ce lundi. Leur document se penche sur les dix dernières années en bourse.

"Entre 2009 et 2018, les versements aux actionnaires du CAC 40 ont augmenté de 70%, la rémunération des PDG du CAC 40 de 60%, alors que le salaire moyen au sein de ces entreprises n'a augmenté que de 20% et le SMIC de 12% sur la même période", peut-on lire dans cette étude.

Rémunération des patrons

Par ailleurs, en 2018, l'écart moyen entre la rémunération des PDG du CAC 40 et le salaire moyen était de 107, en augmentation de 30% depuis 2009. En 2018, un dirigeant du CAC40 avait déjà gagné l'équivalent d'un SMIC annuel le 2 janvier. Le 4 janvier, il avait gagné le salaire annuel moyen d'un employé du panel.

Oxfam met aussi en lumière "la pression des actionnaires majoritaires sur les choix stratégiques des entreprises". En 2018, quatre grandes familles "possédaient 10% du CAC 40 et 67% des actionnaires individuels français possédaient un portefeuille supérieur à 75.000 euros".

Les salariés sont sous-représentés

Selon cette étude, les salariés ne représentent en moyenne que 12% des administrateurs au sein des conseils d'administration du CAC 40, contre 33% en moyenne en Europe et en 2018, la part fixe de la rémunération des dirigeants du CAC40 ne représentait plus que 21%, le reste étant en grande partie indexé sur la performance du cours de bourse de l'entreprise.

"En quelques semaines, la crise du COVID-19 a mis en lumière les failles d'un modèle économique qui crée des inégalités en temps de croissance et expose les plus vulnérables en temps de crise. Et les entreprises du CAC40 ont largement contribué à alimenter ce système injuste et défaillant", estime Quentin Parrinello, porte-parole d'Oxfam France et co-auteur du rapport.

Les femmes oubliées

Autre enseignement de cette étude : "fin 2019, les femmes ne représentaient en moyenne que 20% des équipes dirigeantes du CAC 40, alors qu'elles constituent la moitié des salariés, et 5 entreprises ne comptaient aucune femme dans leurs instances dirigeantes", écrivent les auteurs.

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