Cadres : les intentions d'embauche s'effondrent !

Cadres : les intentions d'embauche s'effondrent !
salarié travail cadre

Boursier.com, publié le vendredi 16 octobre 2020 à 06h59

Environ 170.000 recrutements seraient prévus en 2020, contre près de 300.000 l'année dernière, selon l'Apec.

C'est une baisse record !... L'Association pour l'emploi des cadres (Apec) vient d'ajuster ses prévisions annuelles : les embauches de cadres dans les entreprises privées, estimées à "pratiquement 300.000" en 2020 avant la crise sanitaire, devraient chuter "de 30% à 40%" par rapport au niveau record enregistré en 2019, soit entre 170.000 et 200.000.

"La crise inédite que nous vivons a plongé l'économie dans une profonde récession. La période de confinement a mis à l'arrêt des secteurs entiers de l'économie et a stoppé les investissements des entreprises. Les TPE-PME ont été touchées plus intensément que les autres. Les cadres n'ont pas été épargnés par les impacts très lourds de la crise sur le marché du travail", a expliqué Gilles Gateau, directeur général de l'Apec.

L'étude de l'Apec réalisée en septembre et publiée jeudi souligne par ailleurs que les "37.000 à 47.000" recrutements prévus au quatrième trimestre "restent à confirmer compte tenu des difficultés anticipées par les entreprises".

Quatre populations "fragilisées par la crise"

Selon l'association, "quatre populations sont fragilisées par la crise" : les jeunes diplômés, les cadres en fin de carrière, ceux demandeurs d'emploi et, "côté entreprises, les TPE-PME", dont certaines sont "au bord de la rupture". Dans ce contexte de crise sanitaire, le nombre d'offres d'emplois de cadres publiées sur le site de l'Apec a chuté de 33% de janvier à fin septembre par rapport à la même période de 2019.

Le nombre d'offres d'emploi ouvertes aux cadres débutants a de son côté reculé de 41%. "Dans le même temps, les offres destinées aux cadres confirmés ne reculaient 'que' de 30%. Et, ce différentiel tend, du reste, à se creuser encore davantage depuis le déconfinement", ajoute l'étude.

L'Île-de-France en tête

L'Apec a par ailleurs évoqué "une grande hétérogénéité de situations" selon les secteurs, estimant que la pénurie de recrutements ne remet pas en cause le classement des métiers les plus recherchés. Ainsi, les intentions d'embauches les plus élevées restent dans les activités de services à forte valeur ajoutée (informatique, conseil, recherche...). Suivent ensuite l'industrie, la construction et loin dernière, le commerce.

Si la baisse des offres d'emploi cadre constatée depuis le début de l'année n'a épargné aucune région, l'Île-de-France est celle qui paie le plus lourd tribut, avec une baisse de 39% des offres d'emploi publiées sur un an. L'Occitanie (-33%) et la Bretagne (-32%) se démarquent également. A l'inverse, la Normandie fait partie des régions où la baisse est la moins forte...

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