Caisse d'épargne : bientôt des conseillers bancaires "auto-entrepreneurs" ?

Caisse d'épargne : bientôt des conseillers bancaires "auto-entrepreneurs" ?
Caisse d'épargne

Boursier.com, publié le mardi 18 février 2020 à 14h38

Le groupe BPCE (Banque Populaire et Caisse d'Épargne) va tester le statut de "conseiller indépendant local" en Bretagne et dans les Pays de la Loire.

Vers une "ubérisation" du secteur bancaire ? Alors qu'aucune banque en France n'avait encore jamais osé le faire, la Caisse d'épargne devrait lancer un nouveau modèle de distribution, en testant le statut de "conseiller indépendant local" (CIL), comme l'a révélé 'Les Echos'.

Selon un document présenté en janvier en comité social et économique que le quotidien a pu consulter, ce "banquier auto-entrepreneur", qui sera "mandataire exclusif" du groupe, sera en charge de suivre les clients mais également d'en démarcher de nouveaux. Il travaillera également en lien direct avec des solutions de banque en ligne Caisse d'Epargne.

La banque, qui dit vouloir s'adapter à l'évolution de l'environnement dans le secteur, prévoit d'abord de mener des expérimentations en Bretagne et dans les Pays de la Loire, qui ont été validées par le groupe BPCE (Banque populaire, Caisse d'Épargne, Natixis). Le test devrait commencer à partir de la dernière semaine de mai. Mais la Caisse d'épargne doit encore obtenir l'aval de l'Autorité de contrôle prudentiel et de régulation (ACPR).

Rémunération à la commission

Ce conseiller d'un nouveau genre serait en partie rémunéré aux commissions et selon sa production. Le document évoque également une "surprime", qui pourrait compléter ce revenu fluctuant selon son activité. D'autre part, la Caisse d'épargne souhaite également les motiver sur la fidélisation des clients avec pour objectif "la défense et la préservation des stocks".

Pour la banque, ce système permettrait de conserver la présence d'une Caisse d'Épargne dans les zones où elle fermera des agences. "Il pourrait s'agir d'une piste pour maintenir notre présence dans les zones à faible densité ou rurales", a en effet affirmé le groupe mutualiste BPCE au 'Figaro'.

Les syndicats montent au créneau

L'intérêt de mettre en place ce statut est également financier, puisque la banque n'aurait pas besoin d'avoir à supporter les charges salariales, et le conseiller pourrait organiser "librement son temps et ses efforts", sans "aucun lien de subordination".

Ce nouveau statut pose toutefois de nombreuses questions, notamment sur les conséquences sociales ou encore l'influence de ce mode de rémunération à la commission sur la qualité des conseils. La CFDT du groupe a dit rester "très vigilante" sur ces points.

"Ce statut nous pose problème car ces auto-entrepreneurs seront rémunérés à la commission. On peut imaginer que les banques vont commencer dans les zones rurales avant de s'attaquer demain aux quartiers des grandes villes", a expliqué au 'Figaro' Frédéric Guyonnet, président du syndicat SNB CFE.

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