Camaïeu, Conforama... une pile épaisse d'entreprises en danger à Bercy

Camaïeu, Conforama... une pile épaisse d'entreprises en danger à Bercy©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 27 mai 2020 à 15h23

Les détaillants de vêtements et de voyages sont les plus touchés par l'épidémie de coronavirus car ces entreprises "comptent sur les achats en magasin pour la majeure partie, sinon la totalité, de leurs ventes", selon Moody's.

C'est une des nombreuses victimes de la crise sanitaire engendrée par le coronavirus... Le gouvernement français cherche un repreneur pour l'enseigne de prêt-à-porter Camaïeu, en redressement judiciaire, a annoncé mercredi le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, sur Radio Classique. "Cela fait des semaines que nous travaillons sur le sujet Camaïeu et que nous cherchons un repreneur pour Camaïeu pour qu'il y ait une continuité d'activité", a-t-il dit.

Fondée en 1984, Camaïeu, compte 634 magasins en France et 198 à l'étranger. L'entreprise emploie 3.884 salariés dans l'Hexagone dont 450 au siège social de Roubaix, dans le Nord.

Même problème pour Conforama

"Même chose pour Conforama", a ajouté Bruno Le Maire, expliquant que pour l'enseigne "on essaie de trouver une solution financière" à Bercy. "La pile de dossiers sur ma table de risques de faillites, de risques de licenciements, de risque de cessation de paiement, je peux vous dire qu'elle est épaisse."

Le textile et l'habillement semblent être particulièrement fragilisés par la crise, et la marque de vêtements et de chaussures La Halle, qui emploie environ 6.000 personnes en France en fait également les frais. Le groupe Vivarte va demander un placement en redressement judiciaire la semaine prochaine et a reçu lundi sept offres de reprise partielle.

André, Naf Naf et Orchestra Pre-maman, qui appartiennent également à Vivarte, font toutes les trois l'objet d'une procédure de redressement judiciaire.

De lourdes séquelles

"La plupart des détaillants non alimentaires sortiront de la crise avec des fondamentaux de crédit plus faibles, qu'ils pourraient ne pas être en mesure de rétablir aux niveaux précédant le coronavirus pendant un certain temps, voire jamais", écrivait dans une note publiée en avril Guillaume Léglise, le vice-président adjoint de l'agence de notation financière Moody's.

Moody's explique que les détaillants de vêtements et de voyages sont les plus touchés par l'épidémie de coronavirus car ces entreprises "comptent sur les achats en magasin pour la majeure partie, sinon la totalité, de leurs ventes". Ceux qui proposent des produits discrétionnaires et fonctionnent via de grands réseaux de magasins, "avec des coûts fixes élevés et peu ou pas de présence en ligne seront les plus durement touchés par l'épidémie de coronavirus et ses séquelles".

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