Carburants : l'essence SP-95 au plus haut depuis avril 2013 !

Carburants : l'essence SP-95 au plus haut depuis avril 2013 !©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 27 mai 2019 à 23h40

Les prix des carburants, qui avaient reculé fin 2018, sont repartis en hausse de plus belle depuis le début 2019, en réaction au rebond des cours pétroliers. Le litre d'essence SP-95 frôle désormais 1,60E, et le gazole est à près de 1,50E.

A la faveur d'un vif rebond des cours du pétrole depuis début 2019, les prix des carburants sont remontés en flèche ces dernières semaines.

Le prix du litre d'essence SP-95 a ainsi dépassé 1,59 euro en moyenne la semaine dernière, à 1,5943 euro, son plus haut niveau depuis plus de 6 ans, en avril 2013 ! Le prix du litre de gazole était lui vendu en moyenne à 1,4898 euro la semaine dernière dans les stations-service françaises.

Depuis la semaine du 28 décembre, le prix du gazole a augmenté de 10 centimes et celui du SP-95 de 19 centimes...

Le prix de l'essence, sujet ultra-sensible pour les Gilets jaunes

Les prix des carburants sont ainsi remontés au moins aussi haut que dans les semaines précédant la première manifestation de gilets jaunes, le 17 novembre. Dans la semaine du 2 novembre 2018, le gazole s'affichait à 1,5150 euro et le SP-95 à 1,5353 euro le litre, ce qui avait été un facteur déclencheur majeur de la crise des gilets jaunes.

Cette crise avait amené le gouvernement à renoncer à imposer au 1er janvier 2019 une taxe carbone de 6,5 centimes par litre de gazole et de 2,9 centimes pour l'essence, et à annoncer en plusieurs étapes des mesures favorables au pouvoir d'achat estimées à plus de 15 milliards d'euros à ce jour, dont 5 MdsE de baisses d'impôts.

Les cours du brut ont rebondi de 30% depuis le début 2019

Les prix des carburants avaient reflué pendant les deux derniers mois de 2018, suivant la tendance des cours du pétrole qui se sont effondrés à l'automne 2018... Mais le cours du brut a vivement rebondi depuis le début 2019, regagnant plus de 30%.

Un baril de pétrole Brent de la Mer du Nord vaut désormais plus de 70$ (+30% par rapport au 1er janvier), et a même franchi les 84$ le 10 mai, son plus haut niveau depuis novembre 2014.

L'or noir est soutenu par des coupes de production des pays de l'Opep et leurs alliés, dont la Russie, ainsi que par le recul des productions du Venezuela et de l'Iran, cibles de sanctions américaines ainsi que de la Libye, où la guerre civile fait rage, perturbant les approvisionnements pétroliers.

Rappelons que le prix du pétrole brut n'entre que pour un peu plus d'un quart (27% à 28%) dans la formation du prix des carburants, le solde étant composé pour environ 60% de plusieurs taxes (la principale étant la TICPE), et pour environ 15% de la marge bénéficiaire des groupes pétroliers et des distributeurs.

La question du retour de la TICPE flottante

Avant même la crise des Gilets jaunes, "40 Millions d'automobilistes" avait suggéré de recréer une TICPE "flottante", dont le montant évoluerait en fonction des cours du pétrole pour compenser partiellement l'impact d'une montée des prix du pétrole. L'association a renouvelé son appel le 4 mai dernier. La TICPE flottante a déjà mise en place sous le gouvernement Jospin, entre 2000 et 2002, puis abandonnée.

Pour Daniel Quéro, président de "40 millions d'automobilistes", "il a été question à un certain moment de revenir à une TICPE flottante, cela a existé par le passé (...) L'idée était bonne, mais aucune suite n'y a été donnée, ce qui est regrettable".

Un mécanisme complexe et peu efficace ?

Le 30 avril dernier, le ministre de la Transition écologique François de Rugy avait écarté le retour de cette axe flottante. "Il n'y a pas de nouveau projet de taxe flottante comme il y en avait en 2000, tout simplement parce que le bilan qui en a été tiré montrait que ce n'était pas efficace", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Ce mécanisme "était complexe, il était peu lisible et il produisait peu d'effets", a précisé François de Rugy.

En 2018, la TICPE était fixée (hors majorations régionales), à 0,6869 EUR/l pour le SP95, 0,6669 EUR/l pour le SP95-E10 et 0,594 EUR/l pour le gazole routier. Elle représente la quatrième recette de l'Etat après la TVA (qui s'applique aussi sur les carburants), l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés.

Selon "40 millions d'automobilistes", le prix du litre de carburant en France est supérieur de 20 centimes à celui actuellement pratiqué en Espagne et en Allemagne.

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