Carburants : les distributeurs promettent des baisses de prix

Carburants : les distributeurs promettent des baisses de prix©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 08 novembre 2018 à 21h01

En pleine fronde populaire contre la hausse des taxes sur les carburants, le gouvernement a réuni jeudi les distributeurs de carburants pour les enjoindre à répercuter la baisse des cours du pétrole brut, qui ont chuté d'environ 18% sur les marchés internationaux depuis début octobre.

Les cours du pétrole représentent un quart des prix à la pompe

Le baril de Brent de la Mer du Nord cotait ainsi 70,64$ jeudi soir (-2%) contre plus de 86$ le 3 octobre dernier sur le marché new-yorkais Nymex.. En effet, même si le prix du pétrole brut n'entre que pour un quart environ du prix des carburants à la pompe (le reste étant les taxes à environ 60%, et les marges des distributeurs), la baisse des cours depuis leur pic de début octobre devrait se traduire par des baisses de l'ordre de 5,5 centimes par litre de carburant à la pompe, selon nos calculs. De quoi atténuer quelque peu l'effet de la hausse des taxes écologiques sur les carburants (+6,5 centimes pour le gazole et +2,93 centimes pour le SP-95) prévues au 1er janvier prochain.

Les distributeurs promettent une "élasticité immédiate"

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a affirmé à l'issue de la réunion de jeudi que "l'engagement a été pris par l'ensemble des distributeurs de répercuter la baisse des prix du pétrole au jour le jour sur les prix à la pompe". Ils ont pris cet engagement, "de manière à ce qu'il y ait une élasticité immédiate et qu'ils ne dégagent pas de marge parce qu'ils mettraient du temps à répercuter la baisse des prix du pétrole sur les prix à la pompe", a ajouté le ministre.

La veille, le ministre de l'Ecologie François de Rugy avait annoncé que le groupe Total avait réduit de 3 centimes par litre les prix de ses carburants dans ses stations-service.

Un plan d'aide aux automobilistes en préparation

Par ailleurs, à l'approche de l'appel à bloquer les routes le 17 novembre qui circule sur les réseaux sociaux, le gouvernement planche sur un plan d'ampleur pour tenter de calmer la grogne. Une réunion interministérielle s'est déroulées jeudi à Matignon pour discuter des mesures possibles, et les arbitrages pourraient être tranchés avant la fin de la semaine.

Les mesures envisagées pourraient peser entre 400 et 500 millions d'euros, en incluant la hausse déjà annoncée du chèque énergie, d'après l'agence 'AFP', qui cite des sources concordantes.

Le forfait covoiturage mis en place dès janvier 2019?

Parmi les mesures envisagées figure donc l'élargissement du chèque énergie. Ce dernier, une aide de 150 euros pour payer ses factures de chauffage au fioul, gaz, électricité, serait désormais accessible à 6 millions de ménages au lieu de 4 actuellement.

Par ailleurs, la prime à la conversion des vieux véhicules sera renforcée, afin de favoriser l'achat de voitures moins polluantes. Enfin, les aides au carburant comme celles qui existent dans les Hauts-de-France seraient défiscalisées et la mise en place d'un forfait "covoiturage" de 200 euros versé par l'employeur aux employés serait avancée d'un an, au 1er janvier 2019.

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