Carlos Ghosn aux prud'hommes, c'est "indécent" pour Philippe Martinez

Carlos Ghosn aux prud'hommes, c'est "indécent" pour Philippe Martinez©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 14 janvier 2020 à 12h39

"On en fait un héros, c'est quelqu'un qui a massacré l'emploi, l'industrie et qui veut aller aux prud'hommes", estime le patron de la CGT.

Carlos Ghosn demande des comptes à Renault... L'ancien patron star, déchu de son poste de patron depuis son arrestation au Japon en novembre 2018, a saisi en référé les prud'hommes à Boulogne-Billancourt, siège de l'entreprise dans la banlieue sud-ouest de Paris. Il demande le paiement de son indemnité de départ à la retraite, pour une enveloppe évaluée à 250.000 euros.

"C'est indécent, il réclame une retraite de 700.000 euros par an", a réagi mardi matin Philippe Martinez, le patron de la CGT, sur le plateau de LCI. "Il faut arrêter avec Carlos Ghosn, qui a supprimé des dizaines de milliers d'emplois dans le groupe Renault (...) avec un train de vie et une suffisance...", a-t-il ajouté. "Je pense à tous ces salariés qui ont été aux prud'hommes contre Renault du temps de Carlos Ghosn quand il était PDG, je ne sais pas si ça les fait rire, ce genre de situation".

Il a "massacré l'emploi"

"On en fait un héros, c'est quelqu'un qui a massacré l'emploi, l'industrie et qui veut aller aux prud'hommes comme un salarié qui a été licencié par exemple chez Renault", a ajouté le dirigeant syndical, lui-même technicien chez Renault Boulogne-Billancourt. "Si ce n'était pas aussi grave, ça pourrait faire sourire", a-t-il conclu.

Carlos Ghosn, qui a fui le Japon où il était assigné à résidence pour le Liban, a confié lundi au 'Figaro' vouloir poursuivre Renault devant les prud'hommes. "Ma démission de Renault ? C'est une farce ! Je réclame mes droits à la retraite ainsi qu'à tous les droits qui me sont acquis. J'ai d'abord voulu que cela se règle de façon amiable. Chacun connaît les conditions dans lesquelles j'ai dû quitter Renault : j'étais emprisonné !", estime-t-il.

Il réclame donc ses droits à la retraite, soit environ 770.000 euros par an et ses actions de performances attribuables au titre des années 2015 et suivantes. Une audience est prévue fin février.

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