Carlos Ghosn devrait être libéré dans les prochaines heures

Carlos Ghosn devrait être libéré dans les prochaines heures
Carlos Ghosn PDG Renault Nissan

Boursier.com, publié le mardi 05 mars 2019 à 15h48

La justice japonaise a rejeté mardi l'appel interjeté quelques heures plus tôt par le parquet contre sa libération.

Carlos Ghosn devrait obtenir gain de cause et sortir de sa cellule dans les heures qui viennent. La justice japonaise a rejeté mardi l'appel interjeté quelques heures plus tôt par le parquet contre sa libération sous caution, après plusieurs rebondissements.

Pour l'ex-dirigeant de l'alliance Renault-Nissan, soupçonné de malversations financières, l'espoir est venu mardi du tribunal de district de Tokyo, qui a ordonné sa remise en liberté contre une caution d'un milliard de yens (7,9 millions d'euros). Mais le parquet a aussitôt fait appel de cette décision en réclamant le maintien en détention jusqu'à son procès.

Ce recours a donc finalement été rejeté, ce qui devrait permettre à Carlos Ghosn de sortir de prison dès que sa caution aura été payée, sans doute mercredi. Le tribunal a précisé qu'il ne serait pas autorisé à quitter le Japon.

Première victoire

C'est donc une première victoire de taille pour l'ancien patron, détenu depuis plus de 100 jours dans des conditions très contraignantes. Son avocat Junichiro Hironaka avait d'ailleurs affiché son optimisme lundi, déclarant que son client était prêt à se soumettre à de sévères restrictions, dont la vidéosurveillance et la surveillance de ses communications, dans le but d'obtenir sa libération sous caution.

Sa précédente offre d'engager des agents de sécurité et de porter un bracelet de surveillance de la cheville n'avait pas convaincu les juges, qui avaient évoqué un risque de falsification des preuves.

7,9 millions d'euros de caution

Carlos Ghosn a été mis en examen le 10 décembre, pour dissimulation de revenus. Il aurait minimisé, dans les rapports de Nissan remis aux autorités boursières, une partie de ses revenus, à hauteur de 5 milliards de yens (40 millions d'euros) sur cinq années, de 2010 à 2015. La même opération aurait été effectuée sur la période de 2015 à 2018, pour une enveloppe de 4 milliards de yens (32 millions d'euros environ).

Changement de stratégie

La nomination de Junichiro Hironaka, ténor du barreau japonais, a été largement perçue comme un changement pour une stratégie plus agressive. Surnommé "le rasoir" pour sa défense affûtée et victorieuse d'affaires très médiatisées, il soutient notamment que les allégations retenues par la justice contre son client auraient dû être traitées et réglées comme une affaire interne à Nissan.

La famille de Carlos Ghosn a annoncé lundi avoir saisi les instances de l'Onu chargées de veiller au respect des droits fondamentaux, s'inquiétant notamment de voir l'ancien président de Nissan ne pas bénéficier des conditions d'un procès équitable.

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