Carlos Ghosn estime avoir été "abandonné" par la France

Carlos Ghosn estime avoir été "abandonné" par la France
Carlos Ghosn PDG Renault Nissan

Boursier.com, publié le lundi 13 juillet 2020 à 12h51

"Peu importe le fait que j'étais le PDG d'une grande entreprise ou que je jouais un rôle majeur dans l'économie française... Les autorités françaises ont estimé que cela n'avait aucune importance", a affirmé Carlos Ghosn...

Carlos Ghosn s'en prend de nouveau à la France !... Dans une interview accordée à la chaîne de télévision saoudienne 'Al-Arabiya', relayée par 'Le Parisien' dimanche, l'ancien patron de Renault-Nissan a accusé les autorités françaises de l'avoir "abandonné" peu après son arrestation fin 2018.

Lors de la fameuse conférence de presse qu'il avait tenue en début d'année à Beyrouth, quelques jours après sa fuite rocambolesque du Japon, pays où il est accusé de malversations financières, Carlos Ghosn avait d'abord dit ne pas "savoir" s'il pensait avoir été "lâché" par l'Etat français.

Six mois plus tard, sa réponse semble plus tranchée : "Peu importe le fait que j'étais le PDG d'une grande entreprise ou que je jouais un rôle majeur dans l'économie française... Les autorités françaises ont estimé que cela n'avait aucune importance", a affirmé l'ex-magnat de l'automobile.

"Ils m'ont soutenu pendant les deux, trois premières semaines, voire le premier mois", ensuite "ils m'ont abandonné", raconte l'ex-PDG. "Je pense pour ma part qu'elles m'ont apporté autant de soutien que pour n'importe quel citoyen français, voire encore moins", a-t-il ajouté...

"Un citoyen comme les autres"

Carlos Ghosn fait en fait référence aux propos tenus en décembre dernier par l'actuelle ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher. Celle-ci avait assuré sur 'France Inter' que l'homme d'affaires franco-libanais était "un citoyen comme les autres", qui n'était en aucun cas "au-dessus des lois".

L'ancien patron de Renault-Nissan rappelle néanmoins qu'il avait reçu à Tokyo en octobre la visite de l'ancien président français Nicolas Sarkozy, qui aurait reçu l'aval d'Emmanuel Macron pour cette rencontre.

Dans une interview au 'Journal du Dimanche', l'ancien chef de l'Etat affirmait avoir eu "une longue conversation" avec Carlos Ghosn. "J'aurais jugé indigne d'être là et de ne pas essayer de le voir", s'était-il justifié...

Carlos Ghosn remercie le Liban

D'autre part, Carlos Ghosn a tenu à remercier le Liban. "Le seul gouvernement à m'avoir soutenu est celui du Liban, ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient et ont interféré dans l'affaire au Japon", a-t-il indiqué. "Je n'ai pas besoin de me protéger dans ce pays et je ne pense pas que le gouvernement libanais soit contre moi", a ajouté l'ex-PDG.

Concernant sa fuite, Carlos Ghosn, qui était en liberté sous caution avec interdiction de quitter le Japon, a indiqué avoir lui-même "élaboré" son plan d'évasion grâce à un "système" de communication qu'il avait établi avec le monde extérieur, sans donner plus de détails. Le 3 juillet dernier, un tribunal d'Istanbul a ouvert le procès de 7 ressortissants turcs accusés d'avoir aidé l'ancien patron dans sa fuite...

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