"Cartel du jambon" : Bercy s'engage à préserver la survie de la coopérative Cooperl

"Cartel du jambon" : Bercy s'engage à préserver la survie de la coopérative Cooperl©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 21 octobre 2020 à 13h54

Condamné à une amende de 35 millions d'euros, le leader français de la production porcine peut compter sur "l'engagement du ministère de l'Economie" pour assurer "la pérennité des activités et de l'emploi", a indiqué Bercy.

Mise en danger par la décision de l'Autorité de la concurrence qui la sanctionnait en juillet dernier dans l'affaire du "cartel du jambon", la coopérative Cooperl envisage de fermer plusieurs de ses usines. Si l'amende est confirmée, le ministère de l'Economie a indiqué ce mercredi que les services compétents "en engageront l'exécution, dans des conditions de délai compatibles avec la capacité de remboursement du groupe Cooperl Arc Atlantique", afin qu'elle ne représente pas "un risque pour l'activité du groupe et l'emploi de ses salariés".

"Le groupe Cooperl Arc Atlantique est un groupe français d'importance pour la filière porcine et le territoire breton. Les services de l'Etat sont particulièrement vigilants à sa situation financière et mobilisés depuis cet été pour que l'ensemble des partenaires financiers du groupe maintiennent leurs engagements", a souligné Bercy dans un communiqué.

"Le groupe peut compter sur l'engagement du ministère de l'Economie, des Finances et de la Relance pour assurer la pérennité des activités et de l'emploi", a insisté le ministère. Mardi, la coopérative bretonne, numéro un du porc en France, avait alerté sur les conséquences de cette sanction, qui l'amènerait à envisager la fermeture de certains de ses sites de transformation. Selon le groupe, son exécution n'a pas encore été exigée par l'Autorité.

La sanction la plus lourde

Après des mois d'enquête, l'Autorité de la concurrence avait pour rappel rendu public cet été ses conclusions sur cette affaire emblématique, qui unissait 12 industriels du secteur du jambon et de la charcuterie. L'institution avait infligé une amende de 93 millions d'euros à ces entreprises, soupçonnées de fixer ensemble les prix à l'achat pour leur approvisionnement, ainsi que les tarifs de vente auprès des distributeurs.

La sanction la plus lourde, qui est de 35,5 millions d'euros, vise ainsi le leader français de la production porcine, la coopérative Cooperl (Brocéliande, Madrange, Montagne Noire, Prédault). Suivent ensuite le groupe de distribution Les Mousquetaires (31,7 millions), Fleury Michon (14,8 millions) et Coop (6 millions). Les autres industriels visés sont : Savencia, Campofrio, Aubret, Sonical, La Financière du Haut pays, CA Animation, Nestlé et Salaisons du Mâconnais.

Cooperl clame son innocence

"Les industriels de la charcuterie se coordonnaient pour présenter un front commun lors de leurs négociations avec les abatteurs afin de contrer les demandes de hausses de prix sur la matière première, voire obtenir des baisses de prix pour l'achat de celle-ci (le 'jambon sans mouille')", expliquait alors l'autorité. Mais pour Cooperl, sa condamnation est fondée sur un "faux document", le carnet d'un directeur commercial de la société Aoste, filiale du groupe Campofrio.

La coopérative, basée à Lamballe (Côtes-d'Armor), a ainsi remis en cause l'amende infligée par l'Autorité de la concurrence. Le ministère rappelle que la société a "interjeté appel de cette décision fin septembre dernier". "Dans l'attente du jugement au fond, Cooperl Arc Atlantique et Brocéliande entendent déposer une requête auprès du Premier président de la Cour d'Appel de Paris afin d'obtenir le sursis à l'exécution de la décision de l'Autorité de la concurrence, l'autorité judiciaire étant seule compétente pour suspendre l'exécution de la sanction", ajoute Bercy...

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