Cartes grises : pourquoi ça coince ?

Cartes grises : pourquoi ça coince ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 30 mars 2018 à 07h50

La numérisation du processus de demande de carte grise, démarrée en novembre dernier, connaît des ratés spectaculaires... En effet, depuis le 6 novembre dernier, date à laquelle les demandes doivent obligatoirement être faites en ligne (et non plus dans les préfectures), les associations de consommateurs et de professionnels affirment qu'au moins 300.000 dossiers de certificat d'immatriculation (le nouveau nom officiel de la carte grise) ne sont toujours pas traités à la mi-mars !

Situation très difficile pour les automobiliste et les concessionnaires

Sur le site de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), qui a remplacé les guichets en préfecture, le demandes aboutissent souvent à une page "service indisponible" pendant une démarche, et le système se montre en outre incapable de prendre en compte des changements situations, comme une modification de nom après un mariage. Au final, il est souvent impossible de finaliser sa demande de certificat d'immatriculation, et même si elle aboutit, la demande est ensuite mise en attente pendant de longues semaines...

La situation devient difficile pour les automobilistes, qui font face à des délais très longs et n'ont pas le droit de conduire tant que la carte grise n'a pas été délivrée. La situation est très tendue pour les concessionnaires, obligés de garder en stock les voitures vendues tant qu'elles n'ont pas reçu leur certificat d'immatriculation...

Entre 300.000 et 450.000 dossiers en souffrance !

Selon le Conseil national des professionnels de l'automobile, 300.000 dossiers sont bloqués, soit l'équivalent de 14% de la totalité des voitures immatriculées l'an dernier. Mais de son côté, 'Le Parisien' citait mercredi le chiffre de 400.000 à 450.000 dossiers en attente sur le site...

Face à cette situation, un juge a été saisi suite à un dépôt en référé par un avocat représentant des professionnels (concessionnaires et mandataires), devant le Tribunal administratif de Paris.

Des "correctifs apportés", mais pas de réponse concrète

A ce jour, les services du ministère de l'Intérieur n'ont trouvé aucune solution concrète pour résoudre le problème, tout en expliquant que "de nombreux correctifs ont été appliqués" au système. Le ministère souligne que la plateforme a tout de même permis de délivrer 2,7 millions de certificats d'immatriculation et un million de permis de conduire (qui sont aussi gérés par ce système).

Et d'ajouter que "si certains problèmes techniques demeurent, il est à noter qu'une large majorité des dossiers non terminés sont des dossiers incomplets, en attente de justificatifs que les usagers doivent fournir". Une explication qui risque de paraître un peu courte pour les centaines de milliers de victimes d'un système informatique qui semble avoir été mis en service sans avoir été suffisamment testé auparavant...

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU