"Chant acier": une expérience filmée et littéraire au coeur d'une aciérie

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 Des sidérurgistes travaillent au laminoir le 20 Mars 2006 sur le site industriel d'Ascométal à Fos-sur-Mer. Un film "Chant acier" explore la beauté et la dureté du métier de sidérurgiste

Des sidérurgistes travaillent au laminoir le 20 Mars 2006 sur le site industriel d'Ascométal à Fos-sur-Mer. Un film "Chant acier" explore la beauté et la dureté du métier de sidérurgiste

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© AFP

AFP, publié le vendredi 09 février 2018 à 09h50

Un "atelier de l'enfer" filmé et raconté de l'intérieur: le film "Chant acier" explore toute la dureté, mais aussi la beauté, du travail de sidérurgiste, porté par des textes recueillis lors d'ateliers d'écriture.

Ce documentaire, actuellement en compétition au festival Filmer le travail à Poitiers, juxtapose images fascinantes de fonte incandescente aux mots poignants des ouvriers, et plonge le spectateur au cœur de ce "titan" qu'est l'usine ArcelorMittal de Fos-sur-mer, près de Marseille.

Le danger permanent, les horaires décalés... Les salariés racontent sans détour leur quotidien difficile, en témoignant dans le même temps de leur attachement à ce métier, dans un secteur fragile, qui a perdu plusieurs dizaines de milliers d'emplois depuis 2008.

"Ce spectacle, je ne m'en lasse pas, une pluie d'acier me frotte, cette odeur... L'adrénaline me gagne", raconte l'un d'eux.

"La traversée du laminoir", bâtiment de plus de 800 mètres de long où sont découpées les bobines d'acier, "n'est jamais anodine", rapporte un autre. "Du bruit d'apocalypse, des flammes, des chocs. Un atelier de l'enfer."

Sorti en 2016 et réalisé par Emmanuel Roy, ce film de 40 minutes suit le cheminement des minerais, arrivés par bateaux, transformés en fonte liquide dans les hauts fourneaux, puis finalement en bobines d'acier, utilisées pour l'automobile, la construction ou encore l'électroménager. Le site produit plus de 4 millions de tonnes par an. 

L'intimité des textes, transformés en voix off pour le film, tranche avec la rudesse de l'environnement métallique, dans une usine où "la seule croyance autorisée, c'est la machine", selon les mots d'un travailleur.

- 'Tenir les 8 heures' -

"La première fois, on est débordé par l'échelle de tout ce qu'on voit", confirme l'écrivain François Bon, qui a accompagné en 2013 la dizaine d'employés de l'usine, à raison d'une journée par mois, dans le cadre des activités culturelles mises en place par le comité d'entreprise. "Chaque fois, c'était un peu miraculeux", se remémore-t-il.

Le groupe est composé de jeunes ouvriers "les mains directement sur la machine", d'autres là "depuis le début de l'usine", ou des femmes ingénieures... "C'est aussi ce qui a catalysé le groupe, c'était leurs différences", estime l'écrivain.

Tous cherchent à "appréhender l'usine par l'écriture", en travaillant sur plusieurs thématiques: les objets, les trajets, les rêves... Raconter, par exemple, ce que représente pour une responsable sécurité le téléphone d'astreinte, ou pour un autre le port quotidien du bleu de travail, passé du "bleu Sollac" au "gris et rouge Arcelor" puis enfin à l'"orange ArcelorMittal", au gré des rachats de l'usine.

Et décrire, aussi, la lourdeur des routines qui abîment, scandées par une voix mécanique : "Dire bonjour, faire la relève technique, reboire un café (fort), prendre le poste de travail, affiner les réglages, (...) ne pas penser, ne rien répondre, tenir les 8 heures, tenir".

Egalement disponible sous forme de webdocumentaire, le film peut être visionné sur le site internet "nouvelles écritures" de France télévisions, où l'on trouve en plus un livre numérique des textes rédigés par les salariés, ainsi que des entretiens avec de "grands témoins", écrivains, syndicalistes, ou philosophe.

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