Chili: la plus grande mine de cuivre du monde joue les prolongations

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Le site minier d'El Teniente, à 140 kilomètres au sud-est de Santiago, le 21 mars 2018
Le site minier d'El Teniente, à 140 kilomètres au sud-est de Santiago, le 21 mars 2018
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© AFP, CLAUDIO REYES

AFP, publié le mercredi 28 mars 2018 à 08h27

Elle est plus que centenaire et la longueur de ses tunnels dépasse celle du pays: au Chili, la plus grande mine de cuivre au monde va s'agrandir pour continuer à cracher du métal rouge encore un demi-siècle.

Depuis qu'il a été fondé en 1905, le site d'El Teniente a poussé comme une ville souterraine en pleine cordillère des Andes dont les tentacules s'étendent désormais sur 4.500 km.

"Rien que pour se faire une idée: le Chili fait 4.200 kilomètres de long et ici il y a 4.500 kilomètres de tunnels qui ont été creusés en plus de 100 ans", explique lors d'une visite Baldo Prokurica, nouveau ministre des Mines du gouvernement de Sebastian Piñera qui vient de succéder à la socialiste Michelle Bachelet.

Et cette mine, située sur une colline de 2.200 mètres d'altitude, à proximité de la ville de Rancagua (à 80 km au sud de Santiago), va continuer de s'agrandir. 

Ainsi en a décider son propriétaire, la compagnie minière publique chilienne Codelco, plus importante productrice de cuivre au monde.

Ce projet baptisé Nouveau niveau mine (NNM) vise à poursuivre le forage des entrailles de la montagne sur une profondeur de 400 mètres supplémentaires, qui viendront s'ajouter aux 400 mètres actuels. Soit au total, l'équivalent du Burj Khalifa, la plus haute tour du monde qui culmine à 828 mètres, mais tourné vers l'intérieur de la Terre.

Avec un investissement de 3,9 milliards de dollars, le NMM cherche à garantir le niveau de production actuel de la mine, à 450.000 tonnes de métal rouge par an, à partir de 2023 et pour cinquante ans supplémentaires.

- Mineur en chemise blanche - 

"On est à 47% du projet et il nous manque la moitié (...) Ce que l'on est en train de faire c'est repositionner cette mine, et elle va durer encore 50 ans", explique André Sougarret, en charge du site d'El Teniente.

En 113 ans d'existence, plus de 22 millions de tonnes de cuivre ont été extraits, soit 20% des ressources connues sur ce site.

Outre son réseau électrique et d'eau potable, El Teniente dispose d'un niveau souterrain où l'on trouve une infirmerie, des entrepôts, des ateliers de réparation des machines, des bureaux, des réfectoires et des ascenseurs.

Dans des tunnels si grands que de larges camions peuvent y circuler, le bruit assourdissant des machines perforant les parois rythme les journées.

Chargés de morceaux de roche, les véhicules se dirigent vers une impressionnante machine, haute comme un immeuble de 15 étages, située au centre de la mine. 

Là, la roche est triturée et transportée sur un tapis roulant, avant d'être fondue pour en extraire le précieux métal rouge.

A El Teniente, plus de pioche ni de pelle. Si l'on croise encore quelques mineurs sous terre, équipés de combinaisons, casques et lampes frontales, l'essentiel des opérations se déroule ailleurs. 

Depuis l'an dernier, les tâches ont été automatisées, en particulier le forage.

Les mineurs nouvelle génération sont assis en chemise blanche à 20 kilomètres de là, à Rancagua, dans une salle ultramoderne.

Depuis leurs fauteuils équipés de commandes sur les accoudoirs, ils contrôlent à distance les machines équipés de caméras qui grignotent la roche. 

Fonderie, sécurité, administration et services: au total, quelque 10.000 personnes travaillent encore sur le site d'El Teniente. 

Lorsque le NNM entrera en activité, le niveau actuel, appelé "Teniente 8", cessera d'être exploité. Les espaces vides seront comblés pour limiter les risques d'accidents. 

"On est en train de faire de l'extraction minière dans un environnement plus complexe, avec davantage de défis", explique M. Sougarret.

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1 commentaire - Chili: la plus grande mine de cuivre du monde joue les prolongations
  • avatar
    JON-DE-LIONNE -

    le 28 03 2018 à 09 07

    c'est pour faire des voitures qui polluent pas, des éoliennes qui polluent pas, des panneaux photovoltaïques qui ne polluent pas des batteries qui e polluent pas, et puis le moment venu, ça permettra de dire aux chiliens que ce sont des pollueurs...et qu'ils doivent donc payer !