Chili: un accord évite une grève à la mine de cuivre d'Escondida

Chili: un accord évite une grève à la mine de cuivre d'Escondida
L'entrée de la mine de cuivre d'Escondida, le 16 février 2017 à Antofagasta, au Chili

AFP, publié le samedi 18 août 2018 à 07h36

Les employés de la mine de cuivre chilienne d'Escondida ont signé vendredi avec la compagnie, contrôlée par le géant anglo-australien BHP, un accord qui évite une grève dans le plus grand gisement du monde, a annoncé la direction.

Le Sindicato N°1 de Trabajadores, principale organisation syndicale du site, "a annoncé à la compagnie son approbation de l'accord atteint au cours du processus de médiation", a indiqué la direction dans un communiqué.

"Après cette ratification, il a été procédé cet après-midi à la signature d'un nouveau contrat collectif", a-t-elle déclaré.

L'accord a été conclu dans le cadre d'une médiation prévue par le droit du travail chilien. Les deux parties avaient accepté de recourir à cette médiation après l'approbation par la majorité des adhérents du Sindicato N°1, qui en compte 2.500, du principe d'une nouvelle grève.

L'année dernière, la mine d'Escondida avait été affectée par une grève de 44 jours, la plus longue de l'histoire de l'industrie minière chilienne.

Les termes de l'accord signé vendredi n'ont été divulgués ni par la direction ni par le syndicat. Selon des informations des médias chiliens, les deux parties se sont mises d'accord sur une prime de fin de conflit d'environ 28.000 dollars et sur une augmentation salariale de l'ordre de 2,8%.

Les employés réclamaient initialement une prime de 34.000 dollars et une augmentation salariale de 5%. Le secteur minier est l'une des activités où les salaires sont les plus élevés au Chili.

Le syndicat a annoncé que l'accord signé vendredi a été approuvé par 93% de ses adhérents.

"Nous avons pu défendre nos intérêts et nous sommes parvenus à avancer sur des questions qui avaient été repoussées depuis longtemps", a déclaré un porte-parole du syndicat, Carlos Allendes.

Le nouveau contrat a une validité de trois ans et bénéficiera uniquement aux adhérents du Sindicato N°1.

La direction a elle aussi exprimé sa satisfaction. Pour Patricio Vilaplana, un responsable de Minera Escondida, il s'agit d'"un accord qui satisfait aussi bien les travailleurs et leurs familles que la nécessité d'Escondida d'être fiable dans la durée".

La grève de 2017 avait généré des pertes de 740 millions de dollars pour la compagnie et avait entraîné une chute de près de 1,3% du produit intérieur brut du Chili.

Le gouvernement s'est réjoui du développement intervenu vendredi. "Le pays gagne avec ces accords", a déclaré le ministre des Mines, Baldo Prokurica. "Les travailleurs en bénéficient, l'entreprise obtient une sécurité, et le pays a aussi la possibilité qu'il y ait du progrès et du développement et que cela génère des impôts", a-t-il dit.

La mine d'Escondida est située en plein désert d'Atacama, dans le nord du Chili, à 3.100 mètres d'altitude. Elle produit environ un million de tonnes de cuivre par an.

Sa production et celles des autres mines chiliennes font du Chili le principal producteur de cuivre au monde, avec près de 5,6 millions de tonnes par an, soit un tiers de l'offre mondiale du métal rouge.

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