Chine: l'ancien tsar d'internet plaide coupable de corruption

Chine: l'ancien tsar d'internet plaide coupable de corruption
Lu Wei le 19 novembre 2014 à Wuzhen, dans l'est de la Chine

AFP, publié le vendredi 19 octobre 2018 à 11h18

L'ancien tsar de l'internet en Chine, jadis ardent défenseur de la censure, a plaidé coupable vendredi d'avoir accepté des pots-de-vin pour plus de 32 millions de yuans (4 millions d'euros).

Lu Wei est accusé devant le Tribunal populaire intermédiaire de la ville de Ningbo (est) de faits de corruption commis entre 2002 et fin 2017, a précisé le tribunal sur les réseaux sociaux.

M. Lu avait été exclu des rangs du Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir après avoir été placé sous enquête en novembre dernier.

Il avait pris en 2013 la tête de la puissante Administration chinoise du cyberespace, chargée de la supervision des contenus sur internet, avec un pouvoir tel qu'il avait été cité en 2015 par le magazine américain Time comme étant l'une des 100 personnalités les plus influentes du monde.

Courtisé par les entreprises technologiques étrangères lorgnant sur le marché chinois, il avait été reçu en grande pompe en 2014 par le patron de Facebook Mark Zuckerberg au siège de ce groupe en Californie.

M. Zuckerberg a tenté à plusieurs reprises de convaincre les plus hauts dirigeants chinois de débloquer l'accès à Facebook, qui reste mis à l'index en Chine de même que d'autres géants américains d'internet comme Twitter et Google.

Selon le dossier d'accusation, M. Lu s'est rendu coupable de trafic d'influence dans différentes organisations, notamment dans l'Administration du cyberespace et à l'agence de presse Chine nouvelle, dont il était un haut dirigeant.

Il a plaidé coupable et fait preuve "de repentir" devant la cour, selon le tribunal.

Depuis son arrivée au pouvoir fin 2012, le président Xi Jinping a lancé une campagne contre la corruption qui s'est abattue sur plus de 1,5 million de cadres du régime, selon un chiffre officiel.

Il y a quelques semaines, l'ancien président d'Interpol, par ailleurs vice-ministre de la Sécurité publique en Chine, a été placé sous enquête pour corruption à son retour dans son pays.

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