Chine : Nike, Adidas et H&M sanctionnés en Bourse pour leurs positions sur le Xinjiang

Chine : Nike, Adidas et H&M sanctionnés en Bourse pour leurs positions sur le Xinjiang©Boursier.com

Orange avec Boursier.com, publié le vendredi 26 mars 2021 à 19h08

Plusieurs grands fabricants de vêtements et d'équipements sportifs se retrouvent au coeur d'une campagne de défiance sur les réseaux sociaux en Chine. A l'origine de la tempête, leur refus d'acheter du coton provenant du Xinjiang.

Plusieurs grands fabricants de vêtements et d'équipements sportifs se retrouvent au coeur d'une campagne de défiance sur les réseaux sociaux en Chine. A l'origine de la tempête, leur refus d'acheter du coton provenant du Xinjiang.

Rien ne va plus depuis quelques jours en Bourse pour les géants mondiaux du prêt-à-porter et des équipements sportifs. L'américain Nike, l'allemand Adidas, le suédois H&M et le japonais Uniqlo (Fast Retailing) sont victimes d'une campagne de défiance et de boycott de leurs produits en Chine en raison de leurs prises de positions vis-à-vis de la politique de répression des populations Ouïghoures au Xinjiang.

A Wall Street, l'action Nike a perdu 3,4% jeudi et a chuté de 10% en 5 séances, tandis qu'Adidas a perdu 6,1% jeudi à Francfort (-8,8% sur 5 séances) et que Fast Retailing a chuté 12% en 5 séances malgré un rebond de 1,4% jeudi. Enfin, à Stockholm, l'action H&M a cédé jeudi 1,8% et a perdu 7% en 5 séances...

Des communiqués de 2020 remis sur le devant de la scène

Ces entreprises du textile avaient annoncé en 2020 qu'elles s'engageaient à ne plus acheter de coton provenant du Xinjiang, où les autorités chinoises sont accusées de faire travailler de force des musulmans ouïghours.

Selon des études publiées par des instituts américains et australien, au moins un million de Ouïghours ont été internés dans des "camps" et certains soumis à du "travail forcé", notamment dans des champs de coton de la région.

Travail forcé

"Nous sommes préoccupés par les informations faisant état de travail forcé dans la région autonome du Xinjiang", a indiqué Nike dans un communiqué non daté, qui a circulé ces derniers sur les réseaux sociaux chinois.

Le 2 décembre dernier, le gouvernement américain avait indiqué qu'il bloquerait l'importation de coton en provenance de la Xinjiang Production and Construction Corps, qualifiée d'"organisation chinoise gouvernementale paramilitaire". Les Etats-Unis avaient déjà bloqué en septembre l'importation d'une série de biens originaires du Xinjiang, dont du coton et du textile, des produits capillaires, des pièces informatiques, en accusant Pékin d'avoir recouru au "travail forcé" des Ouïghours.

Les produits H&M retirés des plateformes chinoises de vente en ligne

Avec plusieurs mois de décalage, les communiqués de Nike et d'autres entreprises ont été activement relayés ces derniers jours sur le réseau social chinois Weibo, coïncidant avec l'annonce lundi par l'Union européenne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Canada de sanctions contre des responsables chinois pour dénoncer le traitement des Ouïghours par le régime de Pékin.

Les réseaux sociaux chinois ont été envahis de messages d'internautes furieux, alimentant la polémique. Première entreprise visée, H&M a vu ses produits retirés mercredi des principaux sites chinois de vente en ligne. Ses magasins restent toutefois ouverts. En septembre dernier, H&M avait annoncé qu'il cessait toute relation avec un producteur de fil chinois en raison d'allégations de travail forcé des Ouïghours.

"Les intérêts du pays avant tout", pour les stars de cinéma chinoises

La polémique a encore enflé jeudi avec l'annonce par plusieurs acteurs et chanteurs chinois qu'ils coupaient tout lien avec Nike, Adidas, Uniqlo, Converse ou encore Calvin Klein, dont ils ou elles étaient les ambassadeurs d'image.

Deux stars de cinéma chinoises, Song Qian et Huang Xuan, ont notamment annoncé mettre un terme à leur partenariat avec H&M, plaçant "les intérêts du pays avant tout". Un acteur et une actrice très connus en Chine, Wang Yibo et Tan Songyun, ont de leur côté annoncé couper leurs liens avec Nike, dont ils étaient les ambassadeurs d'image.

Interrogé sur le fait de savoir si les autorités de Pékin orchestrait cette polémique, le ministère chinois des Affaires étrangères a démenti jeudi toute responsabilité. "Le marché chinois est comme il est. Nous n'avons nul besoin de nous lancer dans des intimidations", a indiqué la porte-parole Hua Chunying lors d'un point-presse.

"Une chose est toutefois certaine: les Chinois n'autoriseront probablement pas des étrangers à profiter des largesses de la Chine tout en la critiquant.", a-t-elle ajouté...

Campagne de promotion chinoise du coton du Xinjiang

De nombreux internautes chinois ont déclaré qu'ils cesseraient d'acheter des produits Nike et soutiendraient les marques locales telles que Li Ning et Anta, tandis que d'autres sont allés jusqu'à demander à Adidas de quitter la Chine.

L'action Anta Sports Products a bondi de 8,4% jeudi à la Bourse de Hong Kong, après avoir publié une déclaration indiquant qu'elle continuerait à utiliser du coton provenant du Xinjiang. Le titre Li Ning a quant à lui bondi de 10,7%.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, le Quotidien du Peuple, le principal journal du Parti communiste, a lancé une campagne sur les réseaux sociaux promouvant le coton du Xinjiang.

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