Chômage: le nombre de demandeurs d'emploi a nettement baissé en 2019

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Le logo de Pole Emploi, à Montpellier, le 3 janvier 2019
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© AFP, PASCAL GUYOT

AFP, publié le lundi 27 janvier 2020 à 17h56

Le chômage a nettement baissé en 2019 en France, avec 120.700 demandeurs d'emploi sans activité en moins (-3,3%), la plus forte baisse depuis la crise de 2008, selon les chiffres publiés lundi par Pôle emploi.

En 2018, le recul avait été nettement moindre (50.800, -1,4%) alors même que la croissance avait été plus forte.

Il faut remonter à 2007 pour observer une baisse plus forte de janvier à décembre. Cette année-là, le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A avait diminué de 10,6%, soit 262.000.

Sur la France entière (hors Mayotte), la baisse s'est accélérée au dernier trimestre, avec un recul de 1,7% (-63.000) à 3,554 millions, un record depuis début 2008 également.

"Le chômage continue à baisser significativement. Ce signal d'espoir concret est important et montre qu'il n'y a pas de fatalité", a réagi la ministre du Travail Muriel Pénicaud en marge d'un déplacement dans l'Essonne.

En France métropolitaine pour ce trimestre, le nombre de chômeurs baisse de 2,2% chez les moins de 25 ans (-1,4% sur un an) mais plus modérément chez les seniors (50 ans et plus), à 0,9% (-2,1% sur un an). 


Autre mal français, le chômage de longue durée est en repli: les inscrits (A, B et C) depuis plus d'un an sont en baisse de 1,7% (-2,5% sur un an) mais encore à 2,583 millions. 

Pour la première fois depuis 2008, le nombre de demandeurs d'emploi en activité (catégories B et C) baisse également (-2,5% sur un an), un chiffre en phase avec les progressions d'embauches en CDI ou à temps plein. 

Au total, Pôle emploi compte 5,740 millions de personnes inscrites en catégories A, B ou C.

- Créations d'emplois dynamiques -

Cette baisse du chômage est la conséquence de créations d'emplois dynamiques et supérieures à l'augmentation de la population active: l'Insee s'attend à 263.000 créations d'emploi nettes sur l'année (dont 215.000 dans le secteur marchand) contre 230.000 en 2018.

"Ces créations ont été plus fortes que ce que la croissance (prévue à 1,3%) nous laissait attendre. On a besoin de plus d'emplois pour la même production", constatait mercredi la directrice de la Dares (service statistiques du ministère du Travail) Selma Mahfouz devant la commission des finances de l'Assemblée.

En particulier, la transformation du CICE en allègements de cotisations patronales début 2019 "aurait contribué à enrichir la croissance d'environ 30.000 emplois" selon l'Insee.

Pour le premier semestre 2020, l'Insee prévoit cependant une progression moins forte des créations d'emploi mais toujours supérieure à celle de la population active. Le taux de chômage, de 8,6% au troisième trimestre, diminuerait à 8,2% mi-2020.

Rappelant lundi que Emmanuel Macron avait fixé l'objectif d'arriver à 7% en 2022, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a souhaité être "encore plus ambitieux". "Mon objectif, c'est le plein emploi. Je ne sais pas à quelle échéance, si c'est en 2025 ou un peu plus loin. C'est-à-dire autour de 5%", a-t-il déclaré.

Pôle emploi a récemment adopté sa feuille de route jusqu'à 2022 avec l'ambition "d'accélérer au bénéfice de tous les recrutements et les retours à l'emploi durable".

Côté entreprises, l'opérateur s'engage à recontacter l'employeur pour toute offre non pourvue 30 jours après son dépôt. L'objectif est de réduire de 10 jours le délai moyen de recrutement, actuellement de 44 jours.

Côté chômeurs, "la grande affaire de cette année est le nouveau diagnostic" lors de l'inscription, selon son directeur général Jean Bassères.

Au lieu d'un entretien de 45 minutes, le nouveau demandeur se verra proposer d'ici la fin de l'année deux demi-journées pour faire le point sur ses compétences, connaître les services de Pôle emploi et se projeter sur le marché du travail local.

L'opérateur doit aussi préparer la modification en avril du calcul de l'indemnisation, que l'exécutif juge trop favorable aux personnes alternant CDD courts et chômage. Cette réforme concernera des centaines de milliers de personnes qui pourraient voir leur allocation baisser sensiblement selon l'Unédic. "Nous allons envoyer des courriers, organiser des réunions et mettre en place un site d'information", a expliqué M. Bassères. 

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