Chômage : Macron attend des "résultats significatifs" dans 18 à 24 mois

Chômage : Macron attend des "résultats significatifs" dans 18 à 24 mois©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 28 décembre 2017 à 06h57

Le président de la République a esquissé mercredi un bilan de son action depuis son élection dans une interview publiée par le quotidien espagnol 'El Mundo'. Avant ses voeux télévisés aux Français, prévus le 31 décembre, Emmanuel Macron a notamment défendu sa réforme prioritaire du Code du Travail, adoptée dès le 23 septembre dernier, quatre mois après sa prise de fonction.

Cette réforme devrait permettre d'atteindre sur le front du chômage "des résultats significatifs au bout de 18 à 24 mois" après son entrée en vigueur, a affirmé le président. Mercredi, les chiffres Pole Emploi ont fait état d'une légère diminution du chômage en novembre.

Contrôle des chômeurs ne signifie pas "suspicion derrière chacun"

Toutefois, jugeant les évolutions mensuelles peu significatives, le gouvernement ne les commente plus, et a demandé à Pole Emploi de ne publier les chiffres du chômage que tous les trimestres à partir de 2018.

Par ailleurs, dans un autre entretien accordé mercredi à la chaîne 'LCI', Emmanuel Macron a défendu le projet de durcissement des sanctions contre les chômeurs manquant à leurs obligations, dévoilé par 'Le Canard enchaîné'. "Mettre des règles ne veut pas dire qu'on va poursuivre chacun ou qu'il y a une suspicion derrière chacun", a assuré le président, ajoutant qu'il n'était pas choqué par les contrôles.

"Notre croissance dépasse les prévisions", mais attention aux "freins"

"La première année du mandat est cruciale", a précisé le chef de l'Etat dans son entretien avec 'El Mundo'. "C'est là qu'on met en place les transformations qui produiront les vrais résultats, sur l'emploi avant tout, dans les deux ans. (...) C'est pour cela que j'ai voulu aller vite", a-t-il expliqué, selon ses propos originaux en français transmis par l'Elysée.

"La France bénéficie de l'embellie de l'économie mondiale, mais aussi des réformes des dernières années et d'un sentiment de confiance plus grand; notre croissance dépasse les prévisions", mais "notre économie souffre de freins persistants" avec "un modèle socialement injuste et économiquement inefficace, faute d'avoir su nous renouveler et surmonter les réticences au changement", a poursuivi Emmanuel Macron.

Mettre fin à la tradition de "l'agenda caché"

S'il reconnaît que la réforme du Code du Travail n'était pas une "réforme facile", il a précisé qu'il s'agissait d'une "réforme claire" car annoncée pendant sa campagne. A ce sujet, il a dénoncé l'"agenda caché" de ses prédécesseurs.

"Nous avons une grande tradition française : celle de l'agenda caché, ou des trahisons successives. On fait une campagne pour rassembler le coeur de ses militants pendant la primaire, puis on revoit son programme pour séduire un électorat plus large pendant la campagne et enfin on gouverne de manière encore différente. Cette méthode a brisé la confiance des Français", a insisté Emmanuel Macron.

D'"éventuelles évolutions" possibles en Corse

Le chef de l'Etat a aussi évoqué le thème de l'Education et de la réforme de l'entrée à l'université. "Pour la première fois, les attendus de chaque filière ont été publiés. Nous rendrons de même publics les taux de succès par type de baccalauréat et les taux d'insertion professionnelle par filière", a-t-il déclaré. Il a garanti que "les universités examineront les dossiers des étudiants et leur proposeront une solution qui leur convienne".

Sur le dossier corse, il a déclaré, comme l'a déjà fait son Premier ministre Edouard Philippe, qu'il était "possible de réfléchir à d'éventuelles évolutions" du fonctionnement de la collectivité de Corse mais "dans le cadre de la Constitution". Il a toutefois précisé que cette dernière ne permettait pas de "donner satisfaction à certaines revendications, comme le statut de résident ou la co-officialité de la langue corse".

"On ne change pas l'Europe tout seul"

Enfin, évoquant la question européenne, le locataire de l'Elysée a prévenu qu'"on ne change pas l'Europe tout seul". Il a souhaité notamment que les membres de l'Union européenne fassent "beaucoup mieux, ensemble, dans la gestion et la protection commune de nos frontières et dans l'harmonisation de nos politiques d'asile et d'immigration". "C'est le grand défi de l'année qui vient", a-t-il précisé...

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