Chômage partiel : "Il faut faire attention de ne pas alléger trop rapidement", selon Laurent Berger

Chômage partiel : "Il faut faire attention de ne pas alléger trop rapidement", selon Laurent Berger
Laurent Berger CFDT

Boursier.com, publié le jeudi 28 mai 2020 à 12h56

Alors que le gouvernement réduira sa prise en charge à 60% du salaire brut des employés au chômage partiel à partir du 1er juin, le secrétaire général de la CFDT a estimé qu'il fallait "faire attention de ne pas alléger trop rapidement"...

A seulement quelques heures des annonces du Premier ministre Edouard Philippe concernant la phase II du déconfinement, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger s'est exprimé sur l'avenir du chômage partiel, demandant qu'il n'y ait pas de baisse des indemnités pour les salariés.

"Il est de temps de voir comment on fait autrement, mais il faut faire attention de ne pas alléger trop rapidement", a-t-il estimé sur 'LCI' ce jeudi. "Ce que j'ai poussé dans cette période-là, c'est que pour les salariés, il n'y ait pas de baisse d'indemnisation, c'est-à-dire que le 84% net qui est versé pour le salarié qui subit le chômage partiel, c'est-à-dire qui a une perte de revenu, ne puisse pas baisser", a-t-il expliqué.

"Il ne faut pas que dans les semaines à venir ça soit le cas, car les salariés ne sont pas responsables", a prévenu Laurent Berger. "Lorsqu'une entreprise pourra reprendre 80% de son activité, il faudra se battre pour que les 20% qui restent soient pris en charge, pour qu'elle puisse maintenir l'emploi, permettre des formations pour les salariés concernés, plutôt que de s'en séparer", a-t-il ajouté.

"Les entreprises sont très dépendantes de la puissance publique"

Pour rappel, l'Etat devrait réduire sa prise en charge à 60% (au lieu de 70%, soit 84% du salaire net), du salaire brut des employés au chômage partiel à partir du 1er juin. Les salariés continueront à toucher 84% de leur paie nette, mais certains employeurs pourraient être poussés à licencier.

Selon Laurent Berger, un "bilan" permettrait de comprendre "ce que cette crise nous enseigne" en termes économique, social et sociétal pour trouver les solutions. "Je prends un exemple sur l'aspect économique : cette crise nous enseigne que les entreprises sont très dépendantes de la puissance publique, la puissance publique est leur renfort dans les situations difficiles", a-t-il affirmé.

Les travailleurs salués pendant le confinement "oubliés" ?

"Les entreprises ne peuvent pas l'oublier, elles ne peuvent pas se délester de leur responsabilité". Avec ces aides, il faut qu'"il y ait des conditions sociales, des conditions de dialogue social et des conditions environnementales", a-t-il poursuivi.

Par ailleurs, le secrétaire général de la CFDT a également dit craindre que le gouvernement "oublie très vite" les travailleurs qui ont permis aux Français "de vivre correctement pendant le confinement", appelant à leur "reconnaissance réelle". Il pense notamment aux travailleurs de la santé, des services, de l'alimentation ou encore de l'agroalimentaire, "qui ont pendant toute cette période été là, présents, au travail, pour assurer leur mission et qui nous ont permis de vivre correctement".

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