Chômage partiel : l'Etat réduira sa prise en charge à 60% à partir du 1er juin

Chômage partiel : l'Etat réduira sa prise en charge à 60% à partir du 1er juin
salarié maladie

Boursier.com, publié le lundi 25 mai 2020 à 21h06

L'Etat ne prendra plus en charge que 60% (au lieu de 70%), du salaire brut des employés au chômage partiel à partir du 1er juin. Les salariés continueront à toucher 84% de leur paie nette, mais les employeurs pourraient être poussés à licencier.

Après plus de deux mois de prise en charge optimale par l'Etat, le dispositif de chômage partiel mis en place pour faire face à l'épidémie de coronavirus va être réduit à partir du 1er juin. L'Etat et l'Unédic, qui prenaient jusque là en charge 70% du salaire brut (soit 84% du salaire net) des salariés en chômage partiel vont réduire cette participation à 60%.

Dans un communiqué publié lundi soir, le ministère du Travail a confirmé et précisé les propos du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, qui avait indiqué dans la matinée sur 'BFMTV-RMC' que les règles de prise en charge par l'Etat évolueraient de façon "raisonnable" au 1er juin, sauf pour les secteurs qui restent à l'arrêt par décision administrative.

Le salarié continuera à toucher 84% de son salaire net

En abaissant la prise en charge de 70% à 60% du brut, le recours au chômage partiel deviendra ainsi moins intéressant pour l'employeur, qui va devoir supporter un reste à charge, puisqu'il devra toujours assumer le paiement de 70% du salaire brut.

Pour le salarié en revanche, il n'y aura pas de changement : il continuera à percevoir 84% de son salaire net (ou 100% s'il est au SMIC). A noter que le plafond des rémunérations couvertes par le dispositif ne change pas, et reste fixé à 4,5 fois le SMIC. La baisse de la prise en charge épargnera les entreprises qui restées fermées dans le cadre des mesures administratives sanitaires anti-Covid-19 : tourisme, hôtellerie-restauration, culture...

Un salarié du privé sur trois concerné

Le dispositif très généreux de chômage partiel mis en oeuvre pendant le confinement a été très largement utilisé, pour un coût qui pourrait atteindre jusqu'à 24 milliards d'euros pour l'Etat. Le ministère du Travail a estimé en avril que 8,6 millions de salariés ont été effectivement couverts par ce dispositif (sur plus de 12 millions de demandes), ce qui représente un tiers des salariés du secteur privé.

Dans son communiqué, le ministère du Travail a expliqué que cette mesure "permet d'encourager la reprise d'activité dans les secteurs qui ne subissent plus de contraintes à la reprise, tout en préservant les secteurs qui demeurent fermés ou très impactés par les mesures sanitaires, et en garantissant le même niveau d'indemnisation pour salariés".

Des licenciements économiques en vue ?

Les réactions à cette décision sont plutôt négatives du côté du patronat, qui estime que la réduction de la prise en charge étatique risque d'entraîner des licenciements. A la mi-mai, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, avait demandé la prolongation du dispositif d'urgence "au moins jusqu'à l'été", estimant que "l'arrêt ou du moins le déremboursement partiel du chômage partiel au 1er juin, ça vient trop tôt".

De son côté, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) demande d'attendre septembre avant une réduction "sensible" de la prise en charge, et s'attend à ce qu'une telle mesure se traduise par des licenciements économiques.

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