Chômage partiel : "pas de raison que l'Etat continue à payer l'intégralité des salaires", estime Pénicaud

Chômage partiel : "pas de raison que l'Etat continue à payer l'intégralité des salaires", estime Pénicaud©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 11 mai 2020 à 14h21

Selon la ministre du Travail, "les conditions de la reprise sont là, donc il n'y a pas tellement de raison que ce soit l'Etat qui continue à payer l'intégralité des salaires...".

Le dispositif de prise en charge du chômage partiel sera progressivement réduit. La ministre du Travail l'a en effet confirmé ce lundi sur 'LCI', alors qu'"aujourd'hui, il y a 12,2 millions de salariés qui sont couverts par le chômage partiel", soit "6 emplois sur 10 du secteur privé", tout en assurant une nouvelle fois que ce dispositif avait permis d'éviter "massivement" une vague de licenciements.

"Aujourd'hui, les conditions de la reprise sont là, donc il n'y a pas tellement de raison que ce soit l'Etat qui continue à payer l'intégralité des salaires... C'est pour ça qu'on va définir dans la semaine quelle est la part de salaire que paiera l'entreprise", a-t-elle ainsi expliqué.

La ministre précise que le montant n'a pas encore été "décidé". En revanche, elle a promis que "ce sera modeste dans un premier temps mais progressif".

Les entreprises devront contribuer dans des "proportions raisonnables"

Pour rappel, le dispositif de chômage partiel prévoit que l'employeur verse à ses salariés une indemnité correspondant à 70% de leur rémunération brute, voire 100% pour les salariés au Smic ou moins. L'Etat et l'Unedic remboursent ensuite intégralement les entreprises pour les salaires allant jusqu'à 6.927 euros bruts mensuels, c'est-à-dire 4,5 fois le Smic.

Pour le déconfinement, le gouvernement a toutefois prévu que les entreprises contribuent dans des "proportions raisonnables" aux salaires des employés maintenus au chômage partiel, après le 1er juin, afin d'inciter à la reprise d'activité, comme l'avait déjà indiqué Muriel Pénicaud. Par ailleurs, le chômage partiel restera pris en charge "à taux plein" dans certains secteurs comme l'hôtellerie et la restauration, qui ne sont pas autorisés à reprendre leur activité.

Reprendre le chemin du travail pour "sauver l'emploi à terme

Après près de deux mois de confinement, la ministre du Travail a également estimé qu'il fallait reprendre le chemin du travail pour "sauver l'emploi à terme", précisant que quelques 400.000 commerces non alimentaires vont rouvrir ce lundi en France, ce qui représente près de 900.000 emplois.

"Evidemment, la santé est prioritaire", a-t-elle rappelé, mais "il est tout à fait possible de viser à la fois la santé et à la fois l'économie, et donc l'emploi". Muriel Pénicaud a également assuré que la reprise de l'activité économique dans chaque secteur se fait "dans le respect des guides de mesures sanitaires". Aucun "compromis" ne sera fait "sur la santé des travailleurs", a-t-elle ajouté.

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