Climat : De Rugy promet l'engagement français... mais les ONG sont déçues

Climat : De Rugy promet l'engagement français... mais les ONG sont déçues©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 15 février 2019 à 16h16

"Je salue cette mobilisation d'une importance inégalée et partage votre impatience, votre aspiration à aller plus vite, plus loin, plus fort pour le climat", écrit le ministre dans un courrier. Les ONG ne sont pas convaincues...

Leur pétition, baptisée "l'Affaire du siècle", a recueilli plus de 2,1 millions de signatures. Les quatre ONG qui menacent l'Etat français d'un recours juridique pour "inaction climatique" ont été reçues jeudi par le Premier ministre Edouard Philippe. Dans la foulée, le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, leur a adressé un courrier vendredi.

"Je salue cette mobilisation d'une importance inégalée et partage votre impatience, votre aspiration à aller plus vite, plus loin, plus fort pour le climat", écrit-il dans cette missive adressée à Greenpeace, Oxfam, la Fondation pour la nature et l'homme, l'association "Notre affaire à tous". "A l'évidence", écrit-il, l'action du gouvernement "devra être complétée, prolongée, et amplifiée dans la durée".

"Idées reçues"

Il souligne que ce défi engage aussi "les collectivités, les entreprises, les associations, et chaque citoyen au niveau de son comportement individuel." Or, ajoute-t-il, "les moyens à mettre en oeuvre pour répondre à cette urgence sont loin de susciter une adhésion évidente et systématique de la part des citoyens", citant notamment la taxe carbone, à l'origine du mouvement des "Gilets jaunes".

"Si les moyens à mettre en oeuvre pour lutter contre le réchauffement climatique se heurtent encore à des résistances et à des hostilités franches, c'est parce qu'ils bousculent nos modes de vie, nos manières de consommer, de travailler, de nous déplacer", développe-t-il. "C'est également parce qu'ils souffrent d'idées reçues, de campagnes orchestrées et de conservatismes nichés dans toutes les strates de la société."

Délai au 19 février

Les ONG ont de leur côté donné jusqu'au 19 février au gouvernement pour livrer des réponses à la hauteur de l'enjeu, faute de quoi elles saisiront le tribunal administratif de Paris. Elles reprochent au gouvernement de ne pas respecter les objectifs qu'il s'est lui-même fixé sur la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (-27% en 2028 par rapport à 2013), le développement des énergies renouvelables (23% du mix énergétique en 2020) ou l'amélioration de l'efficacité énergétique (-20% en 2030).

Elles estiment vendredi dans un communiqué que les premiers éléments de réponse sont "décevants". Ils "laissent peu d'espoir quant à l'intention du gouvernement d'être à la hauteur de l'enjeu climatique. Aucune nouvelle mesure, ni changement de cap ne sont clairement annoncés", déplorent-elles. "L'Etat doit prendre ses responsabilités au plus vite. Les actions individuelles, si elles sont nécessaires, ne peuvent à elles seules répondre à l'urgence du changement climatique", réagissent-elles. "L'écoute et le dialogue mis en avant par le gouvernement ne suffisent pas", ajoutent-elles.

Main dans la main

En parallèle de "l'Affaire du siècle" et dans le sillage de l'initiative de la jeune Suédoise Greta Thunberg, des collectifs étudiants et lycéens appellaient à une "grève pour le climat" vendredi en France et à une manifestation devant le ministère de la Transition économique et solidaire, à Paris. "Nous aurons un dialogue", a promis François de Rugy sur franceinfo. "Je pense que nous pouvons presque marcher main dans la main pour le climat".

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