Climat : pour faire des économies, des compagnies aériennes surchargent les avions en carburant

Climat : pour faire des économies, des compagnies aériennes surchargent les avions en carburant
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Boursier.com, publié le lundi 11 novembre 2019 à 18h10

Selon les informations de la 'BBC', cette pratique permettrait aux compagnies d'éviter de payer du carburant dans des pays où il coûte plus cher.

Les profits au détriment du climat... La chaîne britannique 'BBC', qui a reçu des documents d'un ancien employé de British Airways, a révélé une pratique encore peu connue des compagnies aériennes mais qui aurait de lourdes conséquences sur l'environnement. Elle consiste à remplir les réservoirs avec un excès de kérosène afin d'éviter de payer des prix plus élevés pour le ravitaillement en carburant dans les aéroports de destination.

Un des documents consultés par la chaîne a par exemple révélé qu'"un vol British Airways en Italie avait transporté près de trois tonnes de carburant supplémentaires" pour réaliser une économie de 40 livres sterling (soit 46 euros environ). Mais cette "astuce" aurait libéré plus de 600 kg de CO2 supplémentaires dans l'atmosphère.

Selon la 'BBC', les avions de la compagnie aérienne auraient ainsi généré au total près de 18.000 tonnes supplémentaires de CO2 avec ce système l'an dernier.

Pratique répandue

Selon la chaîne britannique, en fonction de la quantité de carburant embarqué, les économies réalisées sur un seul vol peuvent varier de 10 livres sterling (soit 11 euros environ) à quelques centaines de livres.

Par ailleurs, British Airways ne serait pas la seule compagnie à user de cette pratique pour faire des économies. D'après un rapport de l'Organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne, les compagnies aériennes du monde entier économisent 265 millions d'euros par an grâce à cette technique en Europe, tout en libérant plus de 901.000 tonnes de CO2 supplémentaires dans l'atmosphère.

"Nous devons durcir la réglementation", selon GreenPeace

Face à ces accusations, Willie Walsh, directeur général de la société mère de la compagnie britannique, IAG (International Airlines Group), a annoncé que le groupe allait procéder à un examen de la pratique. Il a également reconnu que cette méthode n'était "peut-être pas la meilleure chose à faire" d'un point de vue environnemental, malgré les avantages financiers qu'elle présente.

Interrogé par la BBC à ce sujet, le président de Greenpeace a affirmé que ces révélations étaient "un exemple classique d'une compagnie qui fait passer le profit avant la planète". "Nous devons durcir la réglementation pour limiter les émissions des avions, car tant qu'il y aura de l'argent en jeu, ils pollueront autant que possible", a-t-il ajouté.

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