CoFarming: quand l'agriculture se met à l'économie collaborative 3.0

CoFarming: quand l'agriculture se met à l'économie collaborative 3.0

"Internet permet aussi de tester et de partager des pratiques, des connaissances, des astuces, des expérimentations et même des erreurs..." explique Rémi Dumery, cultivateur de 51 ans

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AFP, publié le samedi 23 décembre 2017 à 14h06

Partager son tracteur, ses connaissances ou même sa parcelle... L'agriculture vit avec son temps et ne manque pas d'idées: avec la démocratisation de l'économie collaborative, le "CoFarming", ou entraide agricole, se met au web 3.0.

De nombreux sites internet couvrent ainsi l'ensemble de la filière, du producteur au consommateur: wefarmup.com ou votrematchine.com (location de matériel), echangeparcelle.fr (échange de parcelles) ou encore laballeronde.fr (marché des fourrages) et bien d'autres promettent "d'inventer de nouvelles formes d'organisation des agriculteurs pour une meilleure compétitivité".

Le but ? "Faire circuler les actifs et les savoirs", explique Laurent Bernède, céréalier dans le Lot-et-Garonne et fondateur de WeFarmUp, qui revendique près de 5.000 références de matériels.

A 41 ans, ce fils, petit-fils et arrière-petit-fils d'agriculteur entend "réduire les coûts de production des exploitants et rentabiliser leurs investissements". A l'heure actuelle, un tracteur 150 CV coûte entre 60.000 et 90.000 euros suivant la technologie, estime M. Bernède. Or, il n'est souvent utilisé que quelques semaines par an.

WeFarmUp avance une réduction potentielle de 40% des capitaux investis en matériels agricoles ou encore de 30% sur les charges annuelles de mécanisation. 

Pas étonnant donc de voir certains jeunes agriculteurs se tourner vers cette solution, à l'image d'Émeric Laffont.

Installé à Mauvezin (Gers) pour de la grande culture (blé, tournesol, soja...) sur 200 ha et tout frais diplômé de l'école d'ingénieurs agricoles de Toulouse, il n'a que 24 ans et vient de finir son installation.

"Mon objectif est d'éviter des frais. Avec ce système, on peut maîtriser les charges", estime celui qui met déjà en location plusieurs outils et devrait ajouter un semoir et un broyeur très bientôt.

"Je suis le quatrième de la génération familiale sur la ferme. Mon père, Michel (56 ans), ne connaissait pas cet aspect de location. Ça l'a étonné. Il y a des réticences, des a-priori. Il m'a dit: +ça ne marchera jamais+. Moi, j'ai une approche totalement différente. Moi, un tracteur qu'il soit rouge, bleu ou vert, peu importe. C'est un outil de production, un moyen d'éviter les frais."

Même son de cloche du côté de Rémi Dumery, depuis 2015 utilisateur de WeFarmUp et installé dans le Loiret.

Sur le site de partage de matériel, il a mis en location un broyeur, un cueilleur de maïs et différents outils destinés à l'agriculture de précision.

- Troisième révolution agricole -

"La révolution internet est la troisième révolution agricole", assure ce cultivateur de 51 ans.

"Internet permet de mettre en relation des gens éloignés par la distance mais proches dans l'état d'esprit. Internet permet aussi de tester et de partager des pratiques, des connaissances, des astuces, des expérimentations et même des erreurs...", ajoute-t-il.

"Avant, on pratiquait ça avec nos voisins proches. Là, on peut parler avec des agriculteurs en Alsace ou au Québec", explique M. Dumery. "Ces sites sont des nouvelles solutions à des problèmes anciens."

Des problèmes auxquels les Coopératives d'utilisation de matériel agricole (Cuma) ont un temps été la réponse.

C'est d'ailleurs vers une de ces Cuma que Dany Rochefort, céréalier et producteur de porcs breton, s'est tourné au moment de mutualiser sa parcelle et son matériel.

"Ce sont des investissements lourds. Je devais faire des choix par manque de moyens. Avant, je n'avais qu'un seul salarié pour tout faire; avec la Cuma, il va travailler en binôme. Cela représentait évidemment un risque de concentrer toute l'expertise sur une seule personne. Là, ça me libère une certaine capacité d'investissements", explique-t-il.

Loin de se poser en concurrent des Cuma, créées à la fin de la Seconde Guerre mondiale et qui regroupent actuellement près d'un agriculteur sur deux en France, les sites de CoFarming se présentent comme une alternative, voire un complément.

"Ces sites permettent de diversifier l'accès à la mutualisation et nous voyons ça d'un très bon œil", abonde Jérôme Monteil, directeur général de la fédération nationale des Cuma.

"Tout ce qui peut permettre des économies de charges est le bienvenu", confie M. Monteil. "C'est une évolution naturelle: l'apport digital permet de casser des frontières et des barrières. C'est une démarche pertinente qui permet à l'agriculture d'entrer dans le XXIe siècle".

 
6 commentaires - CoFarming: quand l'agriculture se met à l'économie collaborative 3.0
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    JON-DE-LIONNE -

    de la censure, encore de la censure, toujours de la censure sur le Forum Orange.
    Et bien puisque sur la rubrique Finance, un bug est là ...... moi aussi
    référence à l'article : La France fait ses adieux aux cabines téléphoniques
    Statut : refusé Il y a 35 minutes le 24 12 2017 à 11 14


    M. Hamon qui semble avoir su démontrer son goût prononcé pour les vieilles reliques, les totems idéologiques devrait se porter acquéreur d'une cabine à téléphoner, un peu spacieuse, de façon à adapter la taille des bureaux nécessaires au PS suite à la vente de Solférino. Acte de bravoure qui restera accroché à M. Hamon et ses actes téléphonés et si semblables à ceux du "22 à Asmières" comme peuvent l'être des vieilles casseroles et des vieux poêlons ne servant plus que des soupes bien rances.

    Les lignes fixes comme des chaînes accrochées aux pattes des citoyens, c'est fini en nos jours décents, on est passé dans le monde moderne , le TSS , Tout Sauf Socialiste, même un panda peut le comprendre, c'est pour vous dire !

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    jlx1322 -

    il n'y a rien de nouveaux, le co fermage, ou l'entre aide paysanne existe depuis longtemps. il y a 40 en gros que le monde agricole a commencé à changé ,c'est individualisé et s'est lancé dans la compétition. cette compétition poussée par les coopératives et les banques a ruiné beaucoup d'agriculteurs qui se sont laissés prendre dans cet engrenage . les CUMA existent comme l'entre aide depuis longtemps , il faut actualiser tout cela . l'agriculture moderne ,intensive ,industrielle aura fait des riches mais beaucoup plus de laissés pour comptes dans nos campagnes meurtries et divisées .

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    olafe -

    Quelle évolution des mentalités dans le monde bourgeois de l'agriculture, si il n'avait pas le dernier tracteur 4X4 et le plus gros il n'existait pas!!!!!!!!

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    redcom225 -

    Entraide agricole!! bordel vous avez pas encore fais le brext les adorateurs de l'english

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    Dijon89 -

    Il y a plus de mots d'origine anglo-saxonne que de gaulois dans le français (800 pour 500), le français n'existe que par les croisements qui ont pu se faire lors de son histoire, le français d'aujourd'hui a à peine plus de deux cent ans. C'est d'ailleurs valable pour la plupart des langues. Ca continuera et c'est tant mieux.

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    eugene47 -

    Ca me fatigue, j'en arrive à détester l'anglais et je pense à nos cousins québécois. Pourquoi on ne parle pas de co-fermage !

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