Coiffure: des ciseaux niçois à l'assaut de la mythique marque Dessange

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Le coiffeur niçois Pascal Coste a bâti un groupe de 250 salons principalement en France. Il lorgne aujourd'hui sur un concurrent mythique, Dessange International
Le coiffeur niçois Pascal Coste a bâti un groupe de 250 salons principalement en France. Il lorgne aujourd'hui sur un concurrent mythique, Dessange International
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© AFP, Valery HACHE
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AFP, publié le mercredi 03 mars 2021 à 09h19

Arrivé au bluff sur la Côte d'Azur, le coiffeur niçois Pascal Coste a bâti un groupe de 250 salons principalement en France. Il lorgne aujourd'hui sur un concurrent mythique, Dessange International, coiffeur des stars qui le ferait entrer dans l'élite mondiale.

Arrivé au bluff sur la Côte d'Azur, le coiffeur niçois Pascal Coste a bâti un groupe de 250 salons principalement en France. Il lorgne aujourd'hui sur un concurrent mythique, Dessange International, coiffeur des stars qui le ferait entrer dans l'élite mondiale.

En additionnant le chiffre d'affaires de Dessange (89 millions d'euros en 2019) au sien presque moitié moindre (50 millions d'euros en 2019 et 65 millions d'euros visés en 2021), l'entrepreneur de 55 ans serait propulsé au 4e rang mondial. 

Il resterait toutefois loin derrière les leaders américains Regis Corporation (SuperCuts, Cost Cutters, Regis Salons), Great Clips et le groupe français Provalliance (Franck Provost, Jean Louis David, Coiff&Co).

"On est trois en lice. Les deux en face sont des fonds. Moi, j'ai l'avantage d'être du métier et c'est ce qu'on fait valoir. Jamais je n'aurais imaginé qu'on puisse prétendre à être parmi les plus grands mondiaux, c'est mieux qu'un challenge!", jubile ce natif de Montauban, après avoir officialisé sa candidature au rachat dans le Journal des Entreprises.

"Dessange, c'est le Louis Vuitton de la coiffure et moi le Zara, avec un concept moyen-haut de gamme, marché de masse, c'est une très bonne complémentarité", expose-t-il dans un entretien à l'AFP. 

Franchiseur haut de gamme et partenaire du festival de Cannes, Dessange International fédère plus de 1.400 salons à l'enseigne Dessange ou Camille Albane dont 370 en France, ainsi que les salons Fantastic Sams aux Etats-Unis. 

Bénéficiaire --environ 2,8 millions d'euros de bénéfice avant impôts en 2019-- et épaulé par la banque suisse Mirabaud, le groupe Pascal Coste a déjà pris langue avec l'actuelle direction de Dessange pour "construire un projet", prêt à engager "plus de 100 millions d'euros" dans la transaction qui pourrait être tranchée d'ici un mois.

- "Challenger dans l'âme" -

Issu d'une famille modeste, un père magasinier, une mère au foyer qui lui donne le choix entre le CAP coiffure ou la restauration quand il se fait virer du collège à 15 ans et demi, Pascal Coste a, au fil des ans, associé neuf membres de sa famille à sa réussite, dont trois de ses quatre fils. Son frère Gabriel a lancé l'e-boutique de produits de coiffure en 2008, qui a connu un boom en période de confinement.

"J'ai atterri sur la Côte d'Azur car j'avais fait le pari de coiffer Stéphanie de Monaco. Je me suis fait embaucher chez Dessange à Monaco et je lui ai fait un brushing. Quand j'ai appelé les copains, avec la photo, j'étais le roi du monde", rigole-t-il.

Après deux bonnes années à Monaco, il ouvre son propre salon à Nice en 1988. Succès immédiat: un deuxième suit dans les six mois. "On amenait un vrai dynamisme, un suivi marketing, du sans rendez-vous, des cartes de fidélité, de la relance clients. Au début, c'était juste une coupe Dessange mais pas au même prix: on rendait le luxe abordable".

La suite s'écrit avec l'ouverture successive de succursales, aujourd'hui 130, auxquelles s'ajoutent 120 franchisés. Un modèle qui "nécessite beaucoup d'investissements et d'emprunter en permanence" mais garantit "une importante valeur patrimoniale" utile pour peser dans la transaction avec l'actionnaire principal de Dessange International, le fonds Eurazeo.

"Challenger dans l'âme", Pascal Coste a lâché les ciseaux il y a une dizaine d'années et ouvert son capital à une banque pour "avoir un contrepouvoir dans la boîte" et se développer.

"Ca m'a appris la finance et à gérer mon business en rendant des comptes. Au bout de huit ans, je suis redevenu à 100% majoritaire de mon entreprise. Le danger quand on a tous pouvoirs, c'est d'être le roi Soleil, on vous cire les pompes tous les jours et on ne voit plus le mur arriver en face, et ça, c'est le pire ennemi du chef d'entreprise!", dit-il. 

Dans son bureau, un Mathusalem de champagne, cadeau de la direction de L'Oréal France, attend: "Si on réussit, on le sabre, si on réussit pas, on le boit!"

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