Comment ont évolué les prix des vins de Bordeaux de 2017 ?

Comment ont évolué les prix des vins de Bordeaux de 2017 ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 02 juillet 2018 à 14h56

Les primeurs ont vu leur prix décrocher de 25% en 2017, avec un millésime marqué par le gel tardif, une forte baisse des volumes récoltés et une qualité hétérogène. Ce marché unique au monde, véritable baromètre de tout le Bordelais, permet aux plus grands crus bordelais réunis au sein de l'UGCB (Union des grands crus de Bordeaux) de vendre leur dernier millésime encore en élevage pour une livraison 18 à 24 mois plus tard.

Après deux très bons millésimes 2015 et 2016, qui se sont bien vendus, la petite récolte de 3,50 millions d'hectolitres en 2017, soit une baisse de 39% par rapport à 2016 (5,77 millions d'hectolitres) correspond à la plus faible vendange depuis 1991.

Trop cher ?

"Ce millésime a un petit goût de trop cher dans le négoce, mais même si les prix avaient été plus raisonnables, il y a moins d'intérêt de la part du public sur les 2017 que sur les 2015 et 2016. Et si on avait voulu tenter le marché par ce troisième millésime consécutif, il aurait fallu une baisse significative", explique Olivier Bernard, président de l'Union des grands crus de Bordeaux (UGCB), dans un entretien accordé à l'agence Reuters.

La disparité des baisses de prix de la campagne des 2017 cache des réalités très diverses, des propriétés ayant été indemnes des effets du gel, d'autres ayant vu une grande partie de leur récolte détruite au point que certaines ont fait le choix de ne pas sortir de millésime 2017, comme Château Corbin, 1er grand cru classé Saint-Emilion.

A Saint-Emilion, Château Angelus et Château Pavie, deux 1er grands crus classés A, la baisse consentie est de -6%. Dans les Graves, Château Haut-Brion, 1er cru classé Pessac-Léognan a baissé ses prix de plus de 19%. Dans le Médoc, Lafite-Rotschild, 1er cru classé Pauillac, baisse de 13%.

"S'il y avait eu une baisse des prix plus importante, la campagne aurait été probablement plus active. Mais il faut aussi tenir compte de l'évolution des monnaies, la perspective d'un Américain, d'un Japonais, d'un Hong-Kongais ou d'un Anglais n'est pas tout à fait la même", estime Stanislas Henriot, de chez Ballande et Méneret, l'un des gros négociants de la place.

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